Cheville et charge admissible selon le mur
Donnez la nature du support, le poids et la profondeur de l’objet : l’outil calcule l’effort réel sur chaque point de fixation, rend le type de cheville, son diamètre et le mode de perçage, et dit franchement quand aucune cheville ne convient.
Le mur et la charge
Dans le doute, percez un trou témoin dans un endroit discret. Une poussière blanche et une résistance nulle, c’est du plâtre. Une poussière rouge et un forçage brutal suivi d’un vide, c’est de la brique creuse. La charge admissible varie d’un facteur 5 à 10 entre un support creux et un support plein.
Personne ne pose un meuble vide. Comptez 65 kg par mètre carré d’étagère et 20 kg par mètre cube de tiroir : ce sont les charges conventionnelles de la fiche du SNIP. Un caisson de cuisine de 80 cm avec deux tablettes, c’est une cinquantaine de kilos de vaisselle.
La hauteur d’appui, c’est la distance entre le point de fixation haut et l’endroit où l’objet vient buter contre le mur, en bas. Plus elle est courte, plus le bras de levier arrache. Pour un bras de télévision articulé, saisissez en profondeur deux fois le déport maximal : le porte-à-faux vaut alors le déport.
Un point de fixation, c’est une platine ou une équerre, pas une cheville. Mettre quatre chevilles dans la même platine ne multiplie pas la capacité par quatre.
Renfort obligatoire
Au-delà de 30 kg, aucune cheville plaque de plâtre ne suffit, il faut un renvoi à l’ossature. Ce n’est pas une marge de prudence, c’est une prescription du NF DTU 25.41.
98 daN
70 kg majorés de 40 %15,7 daN·m
porte-à-faux de 16 cm12,3 daN
arrachement du point haut49 daN
glissement vers le basL’effort dimensionnant est la résultante de 50,5 daN par point, à 14° du plan du mur. Sous 30°, la traction et le cisaillement se vérifient séparément, et c’est le cisaillement qui décide.
Ce qu’il faut acheter
Pas de cheville à acheter ici, c’est le tasseau ci-dessous qui reprend la charge, et les vis se posent dans le bois massif, pas dans la plaque.
Bois massif d’épaisseur minimale 25 mm et de hauteur minimale 150 mm, fixé sur l’ossature au travers du montant avec au minimum 2 vis par montant, mis en place dans l’épaisseur de la cloison, entre les ossatures, avant le vissage des plaques.
Ces quatre derniers mots sont la vraie contrainte : un renfort intégré n’est pas une solution de rattrapage sur une cloison déjà fermée. Sur une cloison en place, il reste le rail de suspension vissé dans les montants repérés, ou la dépose des plaques. Le moment de le décider, c’est avant de refermer le mur.
Ce calculateur informe, il ne valide pas une installation. Les charges publiées valent pour une cheville isolée, loin des bords, dans un support sain, et elles intègrent un coefficient de sécurité que les fabricants ne quantifient pas. L’état réel du mur, la présence d’une gaine ou d’une canalisation derrière le parement et la qualité de la pose restent à vérifier sur place.
Gardez la trace de ce qui passe derrière la plaque
Un renfort se décide avant la fermeture de la cloison, et se retrouve six mois plus tard, au moment de percer. Retrouvez dans l’application Murmur les photos de vos murs ouverts, la position des tasseaux posés et la charge prévue sur chacun.
Comment ce calcul est fait
Ce qui casse une fixation murale, ce n’est presque jamais la cheville, c’est le support. Une même cheville tient dix fois moins dans une brique creuse que dans du béton, et l’écart ne se voit pas depuis la face du mur. Sur une cloison en plaque de plâtre, le paramètre qui décide n’est même pas le poids : c’est le porte-à-faux, parce qu’un meuble profond arrache par effet de levier bien avant d’arracher par sa masse.
Une règle prime sur tout le reste : au-delà de 30 kg, aucune cheville plaque de plâtre ne suffit, il faut un renvoi à l’ossature. Le cas du meuble haut de cuisine, qui pèse le double de ce seuil une fois rempli, est déroulé dans fixer un meuble haut de cuisine sur du placo. Et comme le renfort se pose avant les plaques, le moment de le décider est celui de la checklist à passer avant de refermer un mur.
poids de l’objet vide + contenu prévu, majorés de 40 %
La majoration couvre l’incertitude sur le contenu réel, pas un effet dynamique. Elle est alignée sur l’exemple publié par fischer, qui ajoute 30 kg à 70 kg réels pour un meuble haut de cuisine.
moitié de la profondeur de l’objet
C’est la distance horizontale entre le parement du mur et le centre de gravité de la charge. L’hypothèse de la demi-profondeur est celle de fischer. Pour un bras articulé, le porte-à-faux vaut le déport lui-même.
poids total en décanewtons × porte-à-faux en mètres
Au-delà de 30 daN·m pour une charge localisée, ou de 15 daN·m par mètre linéaire pour une charge filante, l’ossature elle-même doit être renforcée, quel que soit le poids.
cisaillement = poids total ; traction = poids total × porte-à-faux ÷ hauteur entre le point haut et l’appui bas
Le cisaillement fait glisser la fixation vers le bas, la traction l’arrache perpendiculairement au mur. Les deux valeurs publiées pour une cheville ne sont pas interchangeables, et c’est la confusion la plus répandue.
racine carrée de la somme des carrés de la traction et du cisaillement
Jamais la somme des deux. Sur l’exemple publié par fischer, 0,25 kN de traction et 1 kN de cisaillement donnent 1,04 kN de résultante, pas 1,25 kN.
si l’angle entre la résultante et le plan du mur dépasse 30°, la totalité de la résultante se dimensionne en traction
La bascule se produit quand le porte-à-faux dépasse environ 58 % de la hauteur entre le point haut et l’appui bas. Un meuble haut de cuisine reste sous ce seuil ; une étagère profonde à points rapprochés bascule, et sa capacité est divisée par deux à trois.
résultante ÷ nombre de points de fixation, en dernier
La division se fait par le nombre de points, platines ou équerres, pas par le nombre de chevilles. Quatre chevilles dans la même platine ne multiplient pas la capacité par quatre. Des points espacés de moins de 200 mm forment un groupe et comptent pour un seul.
Les hypothèses retenues
- Porte-à-faux
- moitié de la profondeur de l’objet
- Majoration de sécurité sur la charge
- 40 %
- Contenu, à défaut de pesée
- 65 kg par m² d’étagère, 20 kg par m³ de tiroir
- Valeurs de charge retenues
- minimum des fourchettes publiées
- Unité de comptage
- par point de fixation, jamais par cheville
- Entraxe minimal au-delà de 10 kg
- 400 mm entre deux points
- Points espacés de moins de 200 mm
- comptés pour un seul point
- Charge traitée
- localisée, seuil de moment à 30 daN·m
- Conditions de validité des charges
- cheville isolée, loin des bords, support sain
- Perçage sur support creux
- rotation seule, sans quoi les valeurs ne valent plus
- Usage dynamique
- aucune valeur affichée, renvoi au gros œuvre
- Coefficient de sécurité des fabricants
- inclus, mais non quantifié
Cas types résolus
| Cas | Charge | Porte-à-faux | Effort par point | Verdict |
|---|---|---|---|---|
| Meuble haut de cuisine sur BA13, cas par défaut de l’outil | 70 kg, retenus 98 daN | 16 cm | 49 daN en cisaillement | Renfort obligatoire, charge au-dessus de 30 kg |
| Étagère murale sur BA13, 2 points | 12 kg, retenus 17 daN | 13 cm | 8,4 daN en cisaillement | Fixation directe, autoforeuse à 84 % d’utilisation, nylon à expansion à 56 % |
| Meuble de salle de bains sur BA13, 2 platines | 55 kg, retenus 77 daN | 15 cm | 38,5 daN en cisaillement | Renfort obligatoire, charge au-dessus de 30 kg |
| Téléviseur sur support fixe, BA13, 2 points | 40 kg, retenus 56 daN | 5 cm | 28 daN en cisaillement | Renfort obligatoire, charge au-dessus de 30 kg |
| Téléviseur sur bras articulé, déport 30 cm, 4 points | 14 kg, retenus 20 daN | 30 cm | 6,1 daN en traction, résultante à 37° | Limite du domaine sans renfort, cheville nylon à expansion à 61 % |
| Téléviseur sur bras articulé, déport 60 cm, 4 points | 7 kg, retenus 10 daN | 60 cm | 4,4 daN en traction, résultante à 56° | Limite du domaine sans renfort, autoforeuse à 88 % |
| Radiateur sur brique creuse, 4 points | 25 kg, retenus 35 daN | 6 cm | 8,8 daN de résultante | Cheville nylon bi-matière 5 × 25 à 68 %, la 8 × 40 ramène à 35 % |
Hauteurs entre point haut et appui bas retenues pour ces calculs : 64 cm pour le meuble de cuisine, 25 cm pour l’étagère, 55 cm pour le meuble de salle de bains, 40 cm pour les supports de téléviseur, 60 cm pour le radiateur. Toutes les charges sont majorées de 40 %. Sur le téléviseur à support fixe, le SNIP retient pour ce cas type une cheville d’au moins 15 daN en traction et 30 daN en cisaillement ; le seuil des 30 kg du NF DTU 25.41 impose malgré tout le renvoi à l’ossature. Les deux cas de bras articulé sont calculés en charge statique : un bras réellement manœuvré tous les jours relève de l’usage dynamique, et il n’y a alors plus de valeur à afficher.
Charges admissibles par support, en daN par point
| Support | Fixation | Traction | Cisaillement |
|---|---|---|---|
| Plaque BA13 simple | Cheville autoforeuse | 5 | 10 |
| Plaque BA13 simple | Cheville nylon à expansion | 10 | 15 |
| Plaque BA13 simple | Cheville métallique à expansion | 15 | 30 |
| Plaque BA13 simple | Cheville à bascule | 20 | 20 |
| Double peau BA13 | Cheville autoforeuse | 10 | 10 |
| Double peau BA13 | Cheville nylon à expansion | 15 | 15 |
| Double peau BA13 | Cheville métallique à expansion | 20 | 50 |
| Double peau BA13 | Cheville à bascule | 20 | 43 |
| Plaque haute dureté | Vis à bois Ø 5 mm, sans cheville | 20 | 20 |
| Plaque haute dureté | Cheville à expansion | 60 | 60 |
| Carreau de plâtre | Crochet X à une pointe | 5 | 5 |
| Carreau de plâtre | Crochet X à deux pointes | 10 | 10 |
| Carreau de plâtre | Crochet X à trois pointes | 15 | 15 |
| Carreau de plâtre | Cheville nylon crantée ou à frapper | 15 à 30 | 15 à 30 |
| Brique creuse | Cheville nylon bi-matière 5 × 25 | 13 | 13 |
| Brique creuse | Cheville nylon bi-matière 6 × 30 | 15 | 15 |
| Brique creuse | Cheville nylon bi-matière 8 × 40 | 25 | 25 |
| Brique creuse | Cheville nylon bi-matière 10 × 50 | 25 | 25 |
| Brique creuse | Cheville nylon bi-matière 12 × 60 | 35 | 35 |
| Brique creuse | Cheville nylon bi-matière 14 × 70 | 40 | 40 |
| Brique creuse | Scellement chimique avec tamis, M8 à M16 | 57 | 57 |
| Parpaing creux | Scellement chimique avec tamis, M8 à M16 | 43 | 71 |
| Parpaing creux | Cheville métallique à expansion pour corps creux | 30 | non publié |
| Béton cellulaire | Cheville dédiée Ø 8 | 40 | non publié |
| Béton cellulaire | Cheville dédiée Ø 10 | 71 | non publié |
| Béton cellulaire | Cheville dédiée Ø 14 | 90 | non publié |
| Béton cellulaire de faible densité | Cheville nylon universelle Ø 10 | 9 | non publié |
| Béton C20/25 non fissuré | Cheville nylon bi-matière 6 × 30 | 95 | 95 |
| Béton C20/25 non fissuré | Cheville nylon bi-matière 8 × 40 | 110 | 110 |
| Béton C20/25 non fissuré | Cheville nylon bi-matière 10 × 50 | 215 | 215 |
| Béton C20/25 non fissuré | Cheville nylon bi-matière 12 × 60 | 330 | 330 |
| Brique pleine | Cheville nylon bi-matière 6 × 30 | 50 | 50 |
| Brique pleine | Cheville nylon bi-matière 8 × 40 | 62 | 62 |
| Brique pleine | Cheville nylon bi-matière 10 × 50 | 120 | 120 |
| Béton non fissuré, charge lourde | Goujon d’ancrage métallique M8 | 590 | non repris ici |
| Béton non fissuré, charge lourde | Goujon d’ancrage métallique M12 | 1 220 | non repris ici |
Un décanewton vaut environ un kilogramme. Les fiches fischer publient une valeur unique, valable « en traction, cisaillement et traction oblique sous tous les angles » : c’est pourquoi les deux colonnes sont identiques sur les supports maçonnés. En brique creuse, la valeur ne bouge pas du M8 au M16 en scellement chimique, parce que la ruine se produit dans le matériau et non dans la cheville : augmenter le diamètre ne sert presque à rien, seul le nombre de points compte. Le béton fissuré, c’est-à-dire les poutres et les dalles en béton armé, et tout support non vérifié, divise ces charges par 2,5 environ. Quatre trous documentaires sont assumés et non comblés : aucune charge publiée sur parpaing plein français, aucune charge de cheville publiée sur carreau de plâtre par les fabricants de chevilles, aucune charge publiée pour une vis dans un montant d’ossature métallique de 0,6 mm, aucun coefficient chiffré pour les charges dynamiques du quotidien. Sur parpaing creux et sur parpaing plein, l’outil retient par défaut les valeurs de la brique creuse et de la brique pleine comme minorants, et le dit dans le résultat.
Correspondance entre support et perçage
| Support | Foret | Mode de perçage | Remarque |
|---|---|---|---|
| Plaque de plâtre | diamètre du corps de la cheville | rotation seule | Le repère porté sur une cheville métallique désigne la vis, pas le perçage. L’autoforeuse se visse sans perçage. |
| Carreau de plâtre | diamètre nominal de la cheville | rotation seule | Les crochets X s’enfoncent au marteau, sans perçage. 10 cm au minimum entre deux chevilles. |
| Brique creuse et terre cuite perforée | diamètre nominal de la cheville | rotation seule, jamais en percussion | Traverser la première paroi sans forcer. La percussion brise les cloisons internes et annule la valeur du tableau. |
| Parpaing creux | diamètre nominal de la cheville | rotation seule, jamais en percussion | Même précaution qu’en brique creuse. |
| Béton | diamètre nominal de la cheville | percussion admise | Souffler le trou avant de poser la cheville, la poussière divise la tenue. |
| Brique pleine et parpaing plein | diamètre nominal de la cheville | rotation seule | La percussion éclate la terre cuite en surface et ouvre le trou. |
| Béton cellulaire | diamètre nominal de la cheville | rotation seule | La cheville dédiée fait mieux d’un facteur proche de huit que la cheville universelle. C’est le support où le choix paye le plus. |
| Montant bois | avant-trou aux deux tiers du diamètre de la vis | rotation seule | Avant-trou obligatoire, sans quoi le montant fend. Pénétration de 50 à 60 mm dans le bois. |
Les sources
La source centrale est la fiche conseil n° 17 du Syndicat National des Industries du Plâtre, « Accrochage d’éléments sur les parois en plaques de plâtre », novembre 2023, qui relaie le NF DTU 25.41. Elle fournit les tableaux de charges sur plaque, les formules du moment de renversement et des efforts, la règle des 30 degrés, le comptage par point de fixation et la description du renfort.
Les charges sur supports maçonnés viennent des fiches techniques fischer : DuoPower du 9 juin 2020 pour les chevilles nylon bi-matière, FIS V Plus édition 2021 pour les scellements chimiques avec tamis en brique creuse NF P 13-301 et en bloc béton NF P 14-301, tableau de charges GB et fiche SX pour le béton cellulaire, goujon FBN II du 13 septembre 2022 sous ETE 07/0211 pour les ancrages lourds en béton. Les charges sur carreau de plâtre et sur plaque haute dureté viennent des pages « fixation et accrochage » de Placo, Saint-Gobain, et du guide pratique de Siniat sur la fixation sur plaque de plâtre, consultés le 28 juillet 2026. La réduction en béton fissuré vient des Recommandations professionnelles sur le chevillage de mai 2014.
Une précision de fiabilité, rarement expliquée : l’ETAG 020 ne couvre les chevilles plastiques qu’à partir de 8 mm de diamètre extérieur. Les valeurs publiées pour les Ø 5 et Ø 6 ne sont donc pas des performances évaluées sous évaluation technique européenne, mais des essais internes fabricant. Le dimensionnement des ancrages dans le béton relève, lui, de la NF EN 1992-4.
Questions fréquentes
- Sur une plaque BA13 simple, une cheville métallique à expansion, celle que tout le monde appelle Molly, est donnée pour 15 daN en traction, c’est-à-dire en arrachement perpendiculaire au mur, et 30 daN en cisaillement, c’est-à-dire en glissement vers le bas. Ce sont deux nombres différents et le second n’est pas « le poids que ça tient » : un objet profond arrache par effet de levier bien avant d’arracher par son poids. Et quelle que soit la cheville, au-delà de 30 kg, aucune cheville plaque de plâtre ne suffit, il faut un renvoi à l’ossature.
- Parce que les 50 kg de l’emballage sont presque toujours la valeur de cisaillement, la plus flatteuse des deux, et qu’un meuble ne travaille pas qu’en cisaillement. Un caisson de 32 cm de profondeur place son centre de gravité à 16 cm du mur, et ce bras de levier tire sur les fixations hautes. Ajoutez que la valeur annoncée vaut pour du béton, pas pour une plaque de plâtre : l’écart entre les deux supports va d’un facteur 5 à un facteur 10.
- Non, pas dans la même platine. La charge admissible se compte par point de fixation, platine ou équerre, indépendamment du nombre de chevilles qu’elle reçoit. Quatre chevilles serrées dans la même pièce métallique se répartissent mal l’effort et arrachent le même disque de plâtre. Et deux points espacés de moins de 200 mm forment un groupe : ils ne comptent que pour un seul. Au-delà de 10 kg, le NF DTU 25.41 demande 400 mm au minimum entre deux points.
- Percez un trou témoin dans un endroit discret, en rotation seule, et observez trois choses : la poussière, la résistance et le son. Une poussière blanche avec une résistance quasi nulle, c’est du plâtre. Une poussière rouge, un forçage franc puis un vide brutal au bout de deux ou trois centimètres, c’est de la brique creuse. Une poussière grise avec une résistance continue sur toute la profondeur, c’est du béton ou un bloc plein. La distinction n’est pas cosmétique : pour la même cheville, l’écart de charge admissible entre béton et brique creuse va d’un facteur 5 à un facteur 10.
- Parce que la percussion fait éclater les cloisons internes de la brique. Or c’est précisément sur ces parois minces que la cheville doit former son nœud pour tenir. Une fois qu’elles sont brisées, la cheville s’expanse dans le vide et la valeur du tableau ne s’applique plus du tout : elle n’est pas réduite de moitié, elle ne veut plus rien dire. La règle vaut pour la brique creuse, la terre cuite perforée et le parpaing creux : rotation seule, sans exception.
- C’est une plaque de plâtre, souvent doublée d’isolant, collée au mur par plots au lieu d’être vissée sur une ossature. Les plots font une dizaine de centimètres et sont espacés d’environ 30 cm horizontalement et 40 cm verticalement : la surface réellement adossée au mur est minoritaire. Un perçage au hasard tombe donc le plus souvent entre les plots, dans l’isolant, où une cheville à expansion ou à bascule se déploie dans du polystyrène qui se comprime et ne reprend rien. S’il tombe pile sur un plot, la cheville ne peut pas s’expanser du tout et fait éclater le carton-plâtre. Aucun de ces trois cas n’est détectable depuis la face : la seule solution est de traverser jusqu’à la maçonnerie avec une cheville de longueur adaptée.
- Le renfort devient obligatoire dès que la charge dépasse 30 kg sur plaque de plâtre, ou dès que le moment de renversement dépasse 30 daN·m en charge localisée, même sous les 30 kg. Le renfort du DTU est un bois massif d’au moins 25 mm d’épaisseur et 150 mm de hauteur, vissé dans les montants avec au minimum deux vis par montant, et posé dans l’épaisseur de la cloison avant le vissage des plaques. Ces quatre derniers mots règlent la question : il ne se pose pas après coup. Sur une cloison déjà fermée, il reste un rail de suspension vissé dans les montants repérés, ou la dépose des plaques.
