Section de câble et calibre de disjoncteur
Donnez l’usage du circuit, la puissance qu’il porte, la longueur de la ligne et son mode de pose. L’outil rend la section en mm², le calibre du disjoncteur, la chute de tension calculée et le diamètre de gaine ICTA à commander.
Paramètres du circuit
À défaut de charge connue, on retient le calibre entier du disjoncteur, 20 A sous 230 V. Hypothèse majorante. Soit 20.0 A sous 230 V.
Du tableau électrique au point le plus éloigné du circuit, en suivant le tracé réel des gaines, pas la diagonale de la pièce.
Des conducteurs serrés dans un même conduit se réchauffent mutuellement. À partir de deux circuits, le courant admissible tombe à 80 %, à trois circuits à 70 %.
À 2,5 mm², la section que la norme fixe à ce circuit, la ligne peut courir jusqu’à 31 m avant que la chute de tension ne dépasse 5 %. Au-delà, il faut monter d’une section, quelle que soit la puissance appelée.
Ce calculateur dimensionne un circuit, il ne valide pas une installation. La protection différentielle, la répartition des circuits sur les interrupteurs 30 mA et l’état des conducteurs existants restent à examiner sur place, et la mise sous tension d’une installation neuve passe par une attestation de conformité visée par le Consuel.
Gardez le tracé de vos circuits
Retrouvez ce dimensionnement dans l’application Murmur pour conserver le relevé de chaque circuit, la longueur des lignes tirées et les photos des murs ouverts avant la fermeture des cloisons.
Comment ce calcul est fait
Trois contraintes se disputent la section d’un conducteur, et c’est la plus exigeante des trois qui gagne : la section minimale que la norme attache à l’usage du circuit, le courant que le conducteur peut écouler sans chauffer, et la chute de tension admissible sur la longueur de la ligne. Un calcul qui n’en retient qu’une donne une réponse juste dans la plupart des cas et fausse dans ceux qui comptent, les lignes longues et les gaines chargées.
Le découpage des circuits, le nombre de socles par pièce et le contenu du tableau sont traités dans l’article NF C 15-100, combien de circuits et quel tableau. Ce que vous avez le droit de câbler vous-même, et où s’arrête cette liberté, est dans refaire son électricité soi-même. Si le chantier se limite au coffret, le mode opératoire est plus court et il est décrit dans remplacer un tableau électrique soi-même.
Cet outil dimensionne un circuit. Il ne valide pas une installation, et il ne remplace pas le contrôle qui conditionne la mise sous tension.
puissance en watts ÷ 230 volts
C’est ce courant, et non le calibre du disjoncteur, qui détermine la chute de tension. Sur un circuit de prises dont la charge est inconnue, on retient malgré tout le calibre entier : l’hypothèse est majorante, donc du bon côté.
0,02 × longueur × intensité ÷ section
Le coefficient 0,02 condense trois choses : l’aller-retour du courant, la résistivité du cuivre en service prise à 0,023 ohm-millimètre carré par mètre, et le passage en pourcentage de 230 V. Longueur en mètres, intensité en ampères, section en millimètres carrés.
chute admissible × section ÷ (0,02 × intensité)
La même formule retournée. Elle répond à la question qu’on se pose vraiment devant un tableau situé à l’autre bout du logement : jusqu’où puis-je aller sans changer de section.
courant admissible du conducteur × facteur de groupement
Le résultat doit rester au-dessus du calibre du disjoncteur. Le facteur vaut 1 pour un circuit seul, 0,80 à deux circuits jointifs, 0,70 à trois, 0,65 à quatre, 0,60 à cinq.
somme des sections extérieures des conducteurs ≤ un tiers de la section intérieure du conduit
C’est ce qui garantit qu’un fil se retire et se remplace sans rouvrir le mur. La norme exige que les conducteurs restent retirables ; le tiers est la traduction chiffrée qu’en donnent les fabricants et les guides professionnels.
Les hypothèses retenues
- Réseau
- monophasé 230 V
- Conducteurs
- cuivre H07V-U, isolant PVC
- Résistivité retenue
- 0,023 Ω·mm²/m, soit 1,25 fois la valeur à 20 °C
- Facteur de puissance
- cos φ = 1
- Réactance des conducteurs
- négligée en dessous de 50 mm²
- Température ambiante
- 30 °C
- Courants admissibles, méthode B1 sous conduit
- 17,5 A en 1,5 · 24 A en 2,5 · 41 A en 6 · 57 A en 10 mm²
- Courants admissibles, méthode C fixé au mur
- 19,5 A en 1,5 · 27 A en 2,5 · 46 A en 6 · 63 A en 10 mm²
- Chute de tension admissible
- 3 % en éclairage, 5 % pour les autres usages
- Facteurs de groupement
- 0,80 à 2 circuits · 0,70 à 3 · 0,65 à 4 · 0,60 à 5
- Remplissage des conduits
- un tiers de la section intérieure
- Longueur de fil et de gaine
- longueur de ligne majorée de 10 %
- Hors du champ de l’outil
- triphasé, aluminium, conduit noyé dans un isolant thermique, protection différentielle, courant de court-circuit
Longueur maximale d’une ligne, avant de monter d’une section
| Circuit | Section | Disjoncteur | Courant retenu | Chute admissible | Longueur maximale |
|---|---|---|---|---|---|
| Éclairage | 1,5 mm² | 16 A | 1,7 A (400 W) | 3 % | 129 m |
| Prises, 8 socles | 1,5 mm² | 16 A | 16 A (3 680 W) | 5 % | 23 m |
| Prises, 12 socles | 2,5 mm² | 20 A | 20 A (4 600 W) | 5 % | 31 m |
| Circuit spécialisé, four ou lave-linge | 2,5 mm² | 20 A | 13 A (3 000 W) | 5 % | 47 m |
| Plaque de cuisson | 6 mm² | 32 A | 30,4 A (7 000 W) | 5 % | 49 m |
| Chauffe-eau | 2,5 mm² | 20 A | 10,4 A (2 400 W) | 5 % | 59 m |
| Borne de recharge 32 A | 10 mm² | 40 A | 32,2 A (7 400 W) | 5 % | 77 m |
Circuit seul dans sa gaine, sous conduit encastré, à 30 °C. Le cas courant du calculateur, un circuit de 12 socles en 2,5 mm² protégé à 20 A sur 15 m de ligne, donne 2,4 % de chute soit 5,5 V, une gaine ICTA de 20 mm et 17 m de fil par couleur. L’éclairage n’est jamais limité par la longueur dans un logement : c’est le seul circuit dont le courant réel est très inférieur à son calibre.
Les sources
Les sections minimales, les calibres et le nombre de points par circuit sont ceux de la série NF C 15-100 publiée en août 2024, et notamment de la partie 10, consacrée aux bâtiments d’habitation, homologuée le 21 août 2024. Cette série remplace la version de décembre 2002 et ses amendements, dont la validité s’est achevée le 31 août 2025 ; elle est le référentiel unique du Consuel depuis le 1er avril 2026.
Les limites de chute de tension, 3 % en éclairage et 5 % pour les autres usages sur une installation raccordée au réseau public basse tension, ainsi que l’expression de la chute et la résistivité à retenir, viennent de l’article 525 de la norme. Les courants admissibles sont ceux du tableau B.52.2 de la CEI 60364-5-52, méthodes de référence B1 et C, cuivre à isolant PVC, deux conducteurs chargés ; les facteurs de groupement sont ceux du tableau B.52.17 du même document. Le Guide de l’installation électrique de Schneider Electric pose la réactance comme négligeable en dessous de 50 mm².
La mise sous tension d’une installation neuve ou entièrement rénovée reste conditionnée à une attestation de conformité visée par le Consuel, que l’auteur des travaux signe et dont il répond.
Questions fréquentes
- La norme laisse deux couples possibles. En 1,5 mm² protégé par un disjoncteur 16 A, le circuit accepte 8 socles au maximum. En 2,5 mm² protégé par un disjoncteur 20 A, il en accepte 12. Le second couple coûte quelques euros de plus au mètre et évite d’ajouter un circuit le jour où la pièce se remplit.
- Sur un circuit de prises en 2,5 mm² protégé à 20 A, la chute de tension atteint la limite de 5 % vers 31 m de ligne. Sur un circuit spécialisé qui n’appelle que 3 000 W, soit 13 A, la même section tient jusqu’à 47 m. La longueur admissible dépend du courant réellement appelé, pas seulement de la section.
- En monophasé cuivre, la chute de tension en pourcentage vaut 0,02 multiplié par la longueur en mètres, multiplié par l’intensité en ampères, divisé par la section en mm². Une ligne de 20 m en 2,5 mm² parcourue par 16 A donne 0,02 × 20 × 16 ÷ 2,5 = 2,6 %, sous la limite de 5 %.
- Trois conducteurs de 2,5 mm², phase, neutre et terre, occupent environ 39 mm² isolant compris et demandent une gaine ICTA de 20 mm. En 1,5 mm², l’ICTA de 16 mm suffit. En 6 mm², il faut passer en 25 mm. La règle de l’art veut que les conducteurs n’occupent pas plus du tiers de la section intérieure du conduit, pour rester retirables.
- Non. Le disjoncteur protège le câble avant de protéger l’appareil. Un conducteur de 1,5 mm² sous conduit admet 17,5 A : un calibre de 20 A le laisserait chauffer sans jamais déclencher. Le couple 1,5 mm² et 16 A ne se dissocie pas.
- Souvent, oui. Des conducteurs serrés dans un même conduit se réchauffent mutuellement, et le courant admissible tombe à 80 % à deux circuits, 70 % à trois. Trois circuits de prises réunis dans une seule gaine font passer le 2,5 mm² sous le seuil de son disjoncteur 20 A : il faut alors du 4 mm², ou une gaine par circuit.
