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RÉGLEMENTATIONLecture : 15 min
Publié le 28 juillet 2026Mis à jour le 9 octobre 2026

Refaire son électricité soi-même : est-ce légal ?

Fondateur de Murmur, dix ans dans la tech puis une reconversion dans l’artisanat
Mécanisme de prise sur son support métallique devant une boîte d’encastrement, conducteurs bleu, marron et vert-jaune raccordés.
Sommaire10 sections

A-t-on le droit de refaire son électricité soi-même ? Oui, dans son propre logement. La difficulté arrive plus tard, au moment de remettre le courant. Si l’installation est entièrement rénovée et que le distributeur a coupé l’alimentation à votre demande, il faut une attestation de conformité visée avant la remise sous tension, et le dossier se dépose trois semaines avant la date prévue pour le raccordement.

La loi française ne dit à peu près rien du geste lui-même. Comptent davantage l’article D342-19 du code de l’énergie, qui encadre le raccordement au réseau public, et votre contrat d’assurance, qui dit qui paiera les dégâts. Il faut aussi compter les 147,66 € de l’attestation, à inscrire au budget dès le départ.


Ce que la loi autorise quand vous refaites votre électricité

Il n’existe aucun monopole de l’électricien sur les travaux qu’un particulier réalise dans son propre logement. La qualification professionnelle exigée par l’article 16 de la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 encadre l’exercice d’une activité artisanale, dont l’installation électrique. Quand vous travaillez chez vous, sur votre bien, vous n’exercez aucune activité artisanale.

Cette liberté a quand même ses conditions, à vérifier avant le premier achat :

  1. Vous intervenez sur votre propre logement. Si vous êtes locataire, demandez l’accord écrit du bailleur avant de transformer le logement. Ajouter un circuit et refaire tous les réseaux ne relèvent pas des mêmes règles.
  2. Vous ne facturez rien à personne. Si vous câblez l’appartement d’un ami contre paiement, vous entrez dans l’activité réglementée, et vous vous exposez aux sanctions prévues.
  3. L’installation obtenue est conforme. La référence est la norme NF C 15-100, qui fixe les sections de conducteur, les protections, le nombre de socles par pièce et le découpage en volumes des pièces d’eau. Pour savoir comment dimensionner chaque circuit, voyez l’article sur la norme NF C 15-100 et le nombre de circuits au tableau ; le calculateur de section de câble et de disjoncteur donne la section, le calibre et la chute de tension de chaque ligne.

L’article sur l’ordre idéal pour rénover sa maison soi-même situe l’électricité dans la suite des travaux.


Gaz et branchement : les limites du droit de faire soi-même

Le gaz se confie à un professionnel

L’arrêté du 23 février 2018 prévoit un certificat de conformité (CC) visé par un organisme habilité pour les installations intérieures de gaz. Vous ne pouvez pas l’obtenir pour une installation que vous avez faite vous-même.

Mieux vaut ne pas vous y risquer. Une fuite de courant fait sauter un différentiel 30 mA, alors qu’une fuite de gaz remplit une pièce sans bruit, jusqu’à la première étincelle. Pour le gaz, vous pouvez fermer le robinet, mais tout le reste se confie à un professionnel du gaz (PG).

Tout ce qui est en amont du disjoncteur de branchement

Le câble d’alimentation, le compteur et le disjoncteur de branchement appartiennent au gestionnaire du réseau de distribution, Enedis dans la très grande majorité des communes. Vous ne pouvez intervenir qu’après ce disjoncteur. En copropriété, la colonne montante suit la même règle : elle est partie commune ou propriété du gestionnaire, et vous ne pouvez pas intervenir sur le palier.


Le Consuel, ce qu’il contrôle et quand il devient obligatoire

Le Comité national pour la sécurité des usagers de l’électricité (Consuel) est l’organisme qui vise l’attestation de conformité prévue par l’article D342-19 du code de l’énergie, en vigueur depuis le 1er janvier 2025. Sans ce visa, le distributeur ne remet pas le courant dans les installations concernées.

Quand l’attestation devient obligatoire

  1. Toute nouvelle installation électrique à caractère définitif raccordée au réseau public de distribution.
  2. Toute installation entièrement rénovée, dès lors que le distributeur a mis l’installation hors tension à la demande de son client pour permettre la rénovation. Il faut que les deux conditions soient réunies.

L’attestation n’est pas exigée pour un raccordement provisoire, ni pour une mise sous tension de durée limitée, le temps d’essayer l’installation.

Dans les autres cas, quand l’installation n’est pas entièrement rénovée ou que le distributeur n’a pas coupé le courant, vous pouvez demander une attestation. Pour une rénovation partielle, elle liste les circuits qu’elle déclare conformes et précise ceux qu’elle ne couvre pas.

Le bon formulaire et son prix

Il existe plusieurs Cerfa, et si vous vous trompez de couleur, il faut refaire le dossier :

  • Jaune, l’installation domestique : logement, dépendances, garage, abri de jardin, éclairage extérieur.
  • Bleu, la production d’électricité sans stockage, par exemple le photovoltaïque en injection.
  • Violet, la production avec stockage sur batterie.
  • Vert, les installations non domestiques, parties communes d’immeuble et locaux recevant du public.

Une maison neuve équipée de panneaux demande deux attestations, une jaune et une bleue, car il n’existe pas de formulaire commun aux deux.

Pour le budget, le barème Consuel en vigueur depuis le 1er septembre 2026 donne ces tarifs pour un particulier en métropole, au format électronique : 147,66 € TTC pour le jaune, 77,94 € pour le vert, 205,32 € pour le bleu et 235,07 € pour le violet. Le format papier ajoute environ 1,50 € par formulaire. Si la visite relève des défauts, la contre-visite est facturée 238,44 € TTC.

Délai de visite

Le dossier se dépose trois semaines avant la date prévisionnelle de raccordement. Quand les travaux ne sont pas faits par un professionnel, il y a toujours une visite, et le Consuel la fait dans les 15 jours qui suivent la réception de la demande de visa.

Le conseil Murmur : déposez le dossier Consuel quand il vous reste trois semaines de travail : les trois semaines de délai passent alors pendant votre chantier, au lieu de s’ajouter à la fin.


Rénovation électrique partielle : les travaux sans démarche

Ajouter des socles de prise, encastrer des spots dans un plafond isolé sur un circuit d’éclairage existant, tirer un circuit spécialisé 20 A, remplacer un tableau sans que le distributeur intervienne : pour tout cela, le code de l’énergie n’exige aucune attestation. Le pré-câblage en attente est donc intéressant, puisqu’une gaine vide posée avant de fermer la cloison n’entraîne aucune démarche. Pour le remplacement du tableau, l’article sur le remplacement d’un tableau électrique soi-même explique toute la marche à suivre, y compris la mise en sécurité.

Vous coupez au disjoncteur de branchement, vous travaillez hors tension, vous contrôlez chaque conducteur au vérificateur d’absence de tension (VAT), vous refermez et vous réarmez.

Pendant ces travaux, l’électricité provisoire quand le tableau est déposé a ses propres règles. L’attestation n’est obligatoire que si l’installation est entièrement rénovée et que le distributeur a coupé le courant à votre demande. Une rénovation partielle n’est donc pas concernée.

Rien ne vous empêche, en revanche, de demander une attestation là où elle n’est pas exigée : elle précise alors les circuits qu’elle couvre, et vous la gardez. Elle coûte les 147,66 € du Cerfa jaune, et à la revente, elle montre à l’acquéreur que les circuits ont été contrôlés.

Même en posant vous-même, vous devez respecter la norme NF C 15-100, sans la décennale qui couvre un professionnel.


Faire sa plomberie soi-même : aucun contrôle avant la mise en eau

Aucun organisme ne viendra contrôler votre réseau d’eau, et aucun texte n’impose de contrôle avant d’ouvrir le robinet. Les règles de mise en œuvre et le calcul des diamètres sont fixés par les NF DTU 60.1 et 60.11.

Il reste deux limites. Le compteur d’eau et le robinet d’arrêt situé avant lui appartiennent au service d’eau, comme le disjoncteur de branchement appartient à Enedis. En copropriété, les colonnes montantes d’eau froide et d’eau chaude sont en plus des parties communes.

Le risque, ici, n’est pas administratif. Une fuite sur un raccord mal serti, derrière une cloison fermée, peut mettre plusieurs semaines à se voir, et on la découvre souvent au plafond du voisin du dessous. Choisissez le tube et la méthode de raccordement, PER ou multicouche, avant d’acheter la pince, et tracez les deux réseaux avant même cela, avec le guide pour refaire sa plomberie soi-même.


Ce que votre assurance habitation couvre, et ce qu’elle exclut

Votre multirisque habitation (MRH) couvre l’incendie et le dégât des eaux, que le câble et les raccords aient été posés par vous ou par un professionnel : en général, un contrat standard n’exige pas que les travaux électriques aient été confiés à une entreprise.

L’indemnisation peut pourtant être réduite ou refusée dans certains cas.

  1. La déclaration inexacte du risque. Une fausse déclaration intentionnelle annule le contrat (article L. 113-8 du code des assurances) ; une omission de bonne foi réduit l’indemnité en proportion de la prime que vous auriez dû payer (article L. 113-9). Le plus sûr est de signaler une rénovation lourde des réseaux à l’assureur, en une ligne, avant les travaux : l’assurance habitation pendant les travaux donne la formulation.
  2. L’exclusion contractuelle. Beaucoup de contrats couvrent les conséquences du sinistre, mais pas l’élément en cause. Le plafond noirci est alors indemnisé, mais pas le circuit qui a chauffé. Relisez les exclusions, souvent regroupées sur une page du contrat.
  3. L’absence de preuve. L’expert cherche d’où vient le sinistre. Si vous n’avez ni attestation, ni facture de matériel, ni photo des murs ouverts, vous ne pourrez pas contester sa conclusion.

Il vous manque enfin une garantie : vous n’avez pas de décennale. Un professionnel en a une, et son assureur répond des désordres pendant dix ans. En posant vous-même, vous êtes votre propre constructeur. Si vous vendez dans les dix années qui suivent, l’article 1792-1 du code civil vous traite comme le constructeur face à l’acquéreur, et vous devrez répondre de tout désordre affectant la solidité ou la destination de l’ouvrage, comme l’explique la garantie décennale à la revente d’un bien rénové soi-même. Les sanctions pénales du défaut de dommages-ouvrage ne concernent pas le particulier qui fait construire pour lui-même.

Gardez donc un dossier : l’attestation Consuel visée, les factures de matériel aux normes NF ou CE, le schéma du tableau, les photos des murs ouverts avant fermeture. Le carnet d’information du logement, établi et mis à jour par le propriétaire, est le bon endroit pour ranger ces pièces. Si vous les rassemblez pendant le chantier, elles serviront au Consuel, à l’assureur et à l’acquéreur.


Ce que refaire son électricité soi-même coûte en euros

En posant vous-même, vous économisez la main-d’œuvre, mais vous perdez presque tous les avantages fiscaux. Les taux réduits de TVA à 10 % et à 5,5 % s’appliquent à une facture d’entreprise, et au seul matériel que cette entreprise fournit elle-même. Les fournitures que vous achetez en négoce ou en grande surface de bricolage restent à 20 %.

Sur 5 000 € hors taxes de câbles, gaines, appareillage et tubes, la facture passe de 5 500 € à 6 000 € selon que le matériel est fourni par une entreprise à 10 % ou acheté par vous à 20 %. Comparez ces cinq cents euros à la main-d’œuvre que vous économisez. MaPrimeRénov’ et les certificats d’économie d’énergie vous sont fermés pour la même raison : ils supposent une entreprise RGE et une facture à son nom. Le détail des cas de figure est dans l’article sur les aides et la TVA réduite en auto-rénovation.

Ajoutez enfin les 147,66 € du Consuel, une dépense certaine qui va au budget. La contre-visite à 238,44 €, facturée seulement si la visite relève des défauts, va dans la marge d’imprévus, aux côtés des reprises et des oublis qui plombent un budget d’auto-rénovation : l’estimateur de marge d’imprévus permet de la calculer avant de boucler le budget.


Gaz, branchement, amiante, terre absente : à confier à un professionnel

  • Toute intervention sur le gaz. Le certificat de conformité est visé par un organisme habilité : confiez ces travaux à un professionnel du gaz.
  • Tout ce qui se situe en amont du disjoncteur de branchement : câble d’alimentation, compteur, colonne montante en copropriété.
  • Un logement dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997 pour l’amiante, avant 1949 pour le plomb. Une saignée traverse les enduits et les peintures d’origine : faites faire le diagnostic avant de sortir la disqueuse.
  • Une installation dont vous ignorez l’historique : circuits sans conducteur de terre, isolant qui s’effrite au toucher, tableau à fusibles en porcelaine.
  • Une prise de terre absente ou impossible à mesurer. Toute la protection des personnes repose sur elle.

En résumé : inscrivez le Consuel au budget et gardez vos preuves

Refaire son électricité soi-même est légal en France, et refaire sa plomberie aussi. Le raccordement au réseau est en revanche encadré : il faut une attestation visée par le Consuel pour une installation neuve ou entièrement rénovée après coupure par le distributeur, et un certificat visé par un organisme habilité pour le gaz. Le mémo des formalités reprend les cas où le Consuel est obligatoire et ceux où il reste facultatif.

Avant le premier achat, comptez les 147,66 € du Consuel et ses trois semaines de délai, la perte de la TVA réduite sur vos fournitures, et le dossier de preuves que vous constituerez au fil des murs ouverts.

Dans Murmur, l’électricité du catalogue se limite à des poses et remplacements d’appareils (prise, interrupteur, luminaire, spots, variateur, radiateur), chiffrés avec leurs fournitures. Leur pose est découpée en étapes, chacune avec un conseil pour débuter et un conseil plus poussé, et la coupure du courant en est la première.


Questions fréquentes

  • Non. Remplacer un tableau dans son propre logement est autorisé, à condition de respecter la norme NF C 15-100 et de travailler hors tension. Le code de l’énergie n’exige l’attestation Consuel que pour une installation neuve ou entièrement rénovée, après mise hors tension par le distributeur à votre demande : remplacer un tableau seul n’en fait pas partie.
  • Non : le code de l’énergie ne l’exige que pour une installation neuve ou entièrement rénovée, avec mise hors tension par le distributeur à la demande du client. Une seule pièce refaite n’entre pas dans ce cas, mais vous pouvez demander une attestation qui liste les circuits couverts.
  • Le fait de poser soi-même n’est pas, à lui seul, un motif de refus. L’indemnisation peut en revanche être refusée ou réduite si le risque a été mal déclaré, au sens des articles L. 113-8 et L. 113-9 du code des assurances, si le contrat exclut l’élément en cause, ou si vous ne pouvez pas prouver ce que vous avez posé.
  • Oui, aucune attestation ni contrôle ne s’applique au réseau d’eau intérieur d’un logement. Le compteur et le robinet d’arrêt amont restent la propriété du service d’eau, et les colonnes montantes sont parties communes en copropriété. Les DTU 60.1 et 60.11 fixent les règles de mise en œuvre de la plomberie.
  • Vous répondez des désordres pendant dix ans : l’article 1792-1 du code civil assimile au constructeur le vendeur d’un ouvrage qu’il a réalisé. Sans décennale ni dommages-ouvrage, la réparation reste à votre charge, et vos seules preuves sont l’attestation Consuel visée et le dossier de travaux.


Les sources

Les chiffres de cette page ne viennent pas tous d’une source écrite : certains sont des ordres de grandeur de chantier, signalés comme tels là où ils apparaissent. Comment les chiffres de ce site sont établis.

Application Murmur

Chiffrez vos appareils avant le premier achat

Dans Murmur, la pose d’une prise, d’un interrupteur ou d’un luminaire se chiffre avec ses fournitures et se déroule étape par étape, coupure du courant d’abord.

Cet article peut servir à quelqu’un qui attaque le même chantier.

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Des appareils chiffrés, puis posés

Murmur chiffre la pose d’une prise, d’un interrupteur ou d’un luminaire avec ses fournitures, puis donne les étapes dans l’ordre, coupure du courant d’abord. L’assistant répond aux questions techniques pendant la pose. Compte gratuit, sur ordinateur et sur Android, bientôt sur iPhone.

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