La douche se vide au ralenti : des cheveux, du savon, rien de plus, et il suffirait de démonter le siphon pour le rincer. Sauf que le siphon est sous le receveur, que le receveur est scellé dans son lit de mortier, et que le tablier a été carrelé plein jusqu’au sol.
Poser un receveur de douche passe pour l’option facile, celle qu’on choisit pour ne pas former de pente dans une chape. Elle l’est si vous réglez avant le premier sac de mortier le niveau, l’appui et l’accès à la bonde : une fois la prise engagée, corriger l’un d’eux oblige à déposer le bac.
Poser le receveur de niveau : la pente est moulée dans le bac
Vous savez qu’une douche s’écoule, alors vous êtes tenté d’incliner le bac vers la bonde, d’un ou deux millimètres, pour aider. Ne le faites pas.
La pente d’un receveur est moulée en usine, dans le fond du bac, et reste légère ; dans une chape pour une douche à l’italienne, le NF DTU 52.2 demande au moins 1 %. Elle est calculée pour un bac posé de niveau. Incliner le receveur ne s’ajoute pas à cette pente, il la fait tourner : l’eau qui devait converger vers la bonde part en biais, longe une aile et finit contre le seuil, du côté où il n’y a ni relevé d’étanchéité ni évacuation.
Le contrôle se fait au niveau à bulle posé sur une règle de maçon, dans les deux sens puis sur les deux diagonales, avant que le mortier commence à tirer. Après, le maillet ne suffit plus : il faut déposer le bac. La pose arrive tard dans la pièce, après les réseaux et avant la faïence, et son prix se compare aux autres postes dans l’estimation d’une salle de bain.
Appui plein ou châssis : ce que le produit impose
Ce qui porte un receveur dépend de sa matière, et le fabricant l’écrit dans la notice : gardez-la en ouvrant le carton.
- Pierre reconstituée, résine minérale, céramique : appui plein obligatoire, sur un lit de mortier de pose étalé sur toute l’empreinte du bac. Ces matériaux sont rigides et cassants. Un vide de la taille d’une paume sous la coque devient une fissure le jour où 80 kg posent le pied dessus, et un receveur fissuré se remplace. Un bac de 90 × 120 cm dans ces matériaux se compte en dizaines de kilos : prévoyez d’être deux.
- Acrylique renforcé : le fabricant livre un socle en polystyrène extrudé taillé à la forme du bac, ou un châssis métallique à pieds réglables. Le bac repose sur ce socle. Un acrylique posé sur un lit de mortier sans son socle fléchit au centre et décolle son joint périphérique dans l’année.
Les pieds réglables ont un avantage : ils laissent un vide sous le bac, donc un accès au siphon, tant que le tablier qui les masque reste démontable. Ils ont aussi un défaut : le seuil qu’on voulait effacer remonte de toute la hauteur du châssis. Un extra-plat de 30 mm monté sur pieds n’a plus grand-chose d’extra-plat, et cette hauteur se lit sur la fiche technique, avant l’achat.
Le conseil Murmur : avant de gâcher, installez bonde, niveau et chiffons à portée de main, car le mortier a un temps de travail limité. Posez ensuite le bac sur le lit de mortier et réglez le niveau sans attendre.
La bonde : l’accès se décide avant le mortier
Une fois le bac scellé, la bonde disparaît sous le mortier et la faïence. Le perçage des receveurs consultés est de 90 mm de diamètre : choisissez une bonde faite pour ce diamètre. Les bondes diffèrent par ce qu’il y a dessous :
- La garde d’eau. Le NF DTU 60.1 exige une garde d’eau de 50 mm pour tous les siphons d’appareils ; les bondes elles-mêmes relèvent de la NF EN 274-1, norme des dispositifs de vidage. C’est cette eau qui bloque les odeurs de la colonne. Les bondes très plates rognent parfois cette hauteur, ou la remplacent par une membrane anti-odeur qui fonctionne jusqu’au jour où elle se colle.
- Le sens de démontage. La question à poser en magasin : la cloche du siphon s’extrait-elle par le dessus, capot retiré et receveur en place, ou faut-il passer par le dessous ? Les deux existent en rayon, souvent au même prix.
- La sortie. Quelle que soit sa sortie, la bonde d’un extra-plat mesure de 48 à 80 mm de haut sur les bondes consultées, la plus basse au prix d’une garde d’eau réduite à 25 mm : il lui faut une réserve sous le sol ou une surélévation du receveur. Verticale, elle demande de descendre sous le sol fini, et la question devient celle de la réserve de plancher, traitée dans l’ordre des étapes pour refaire une salle de bain comme la première décision irréversible de la pièce.
Le choix n’est d’ailleurs pas toujours libre. Un bac qui exige un lit de mortier plein, donc la pierre reconstituée, la résine et la céramique, ne laisse aucun vide sous lui : le siphon est pris dans le mortier. Sur ces bacs-là, sans accès prévu, vous ne reverrez pas le siphon sans casser.
Par ordre de préférence :
- Un siphon démontable par le dessus. Rien à prévoir, rien à casser. Choisissez le receveur sur ce critère, avant même le motif du carrelage.
- Un tablier démontable. Panneau vissé ou clipsé, habillé, jamais carrelé plein. Vous perdez la continuité de la faïence, vous gagnez l’accès complet en deux minutes.
- Une trappe de visite dans le tablier carrelé. Dimensionnez-la sur la pièce à extraire : mesurez le corps du siphon avant de découper, et placez-la en face de la bonde, même si le centre du tablier serait plus symétrique.
Un cas sort de vos parties privatives. Percer ou dévoyer la colonne de chute touche à une partie commune en copropriété : l’intervention demande une autorisation votée en assemblée générale, et un plombier. Un raccordement sauvage se découvre au premier dégât des eaux, et l’assurance regarde de près qui a posé quoi.

Le relevé d’étanchéité passe par-dessus l’aile du receveur
L’ordre entre le receveur et l’étanchéité des murs suit le sens d’écoulement de l’eau.
L’eau qui ruisselle sur la faïence descend le long du mur. Elle doit finir dans le bac, jamais derrière. D’où la chronologie : le receveur se pose d’abord, puis le Système de Protection à l’Eau sous Carrelage (SPEC) se déroule sur les murs et vient mourir sur l’aile du receveur, en la recouvrant. La faïence passe par-dessus, et le joint silicone ferme la ligne visible, en dernier.
Un SPEC arrêté 2 cm au-dessus du bac laisse une bande de plaque hydrofuge nue entre les deux. Le silicone la couvre tant qu’il tient, quelques années, et le jour où il se décolle, l’eau entre dans la cloison sans que rien ne se voie de la salle de bain.
Dans la douche, le SPEC monte au minimum à 1,80 m au-dessus du fond, sur les parois qui la bordent. Le geste et le traitement des angles sont ceux de l’étanchéité sous carrelage. Le joint périphérique, lui, se fait au silicone sanitaire portant une mention fongicide, et non au mastic acrylique du rayon peinture, qui n’est ni élastique ni destiné à l’eau.
Le receveur à carreler et son étanchéité de sol
En rayon, les deux produits se touchent : d’un côté un extra-plat fini, de l’autre un panneau de polystyrène extrudé à pente préformée, qu’on habille du même carrelage que le sol de la pièce. Le second efface le ressaut pour un prix voisin. La différence se voit sur le chantier.
Un receveur fini est étanche par construction : votre travail se limite au joint périphérique et au raccordement du siphon. Un receveur à carreler n’est étanche que quand vous l’avez rendu étanche, parce que ce sont le carrelage et son support qui reçoivent l’eau, comme sur un sol de douche à l’italienne. Vous entrez alors dans le champ du Système d’Étanchéité Liquide (SEL), qui relève d’un Avis Technique du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) et n’a ni le même produit ni le même régime que le SPEC des murs.
En pratique :
- Prenez le système complet du fabricant : panneau, natte ou résine, colle et bonde. La couverture technique porte sur le système complet, et un panneau d’une marque étanchéifié avec la natte d’une autre ne relève plus d’aucun document. C’est l’Avis Technique du système complet que votre assureur demandera.
- Choisissez le format de carreau en conséquence. Un carreau rigide de 60 × 60 cm n’épouse pas une surface qui converge vers un point. Sur un receveur à carreler, restez en mosaïque ou en petit carreau, dont les joints absorbent la géométrie.
Si la continuité du sol compte plus que la simplicité du chantier, comparez le bac avec la pente formée en chape d’une douche à l’italienne.
Mortier, tablier, silicone : les achats hors du carton
Le carton du receveur ne contient aucune de ces fournitures.
- Le mortier de pose. Un lit de 2 cm sous un bac de 90 × 120 cm représente 0,022 m³ de mortier. Prévoyez large : un lit trop mince oblige à déposer le bac.
- Le kit d’habillage ou le tablier, à prévoir en plus du bac, plus la trappe de visite si vous carrelez ce tablier.
- Le silicone sanitaire. Deux ou trois côtés du bac selon l’implantation, et une cartouche de plus que le calcul : un joint raté se retire entièrement et se refait.
- La bande de renfort à la jonction entre l’aile du receveur et les murs, avec, pour un SPEC résine, un retour de 1 cm environ sur le bord du receveur.
- Le carrelage et la colle du pourtour. Le calculateur de colle et de carrelage intègre les chutes de coupe et donne le peigne adapté au format, mosaïque comprise.
Le chiffrage de la pièce entière, poste par poste, est détaillé dans l’article sur ce que coûte une salle de bain faite soi-même.
- De niveau, dans les deux sens et sur les deux diagonales. Une légère pente est moulée dans le fond du bac, et calculée pour un receveur posé d’aplomb. L’incliner ne l’accentue pas : elle tourne, et l’eau part vers le seuil.
- Sur un lit de mortier couvrant toute l’empreinte du bac pour la pierre reconstituée, la résine et la céramique, qui exigent un appui plein. Sur le socle en polystyrène ou le châssis à pieds livré par le fabricant pour un acrylique. Jamais sur quelques plots.
- Trois solutions, toutes à décider avant le mortier. Un siphon dont la cloche s’extrait par le dessus, capot retiré : le meilleur cas, et cela s’achète. Un tablier vissé ou clipsé, démontable. Ou une trappe de visite découpée en face de la bonde, dimensionnée sur le corps du siphon.
- Du silicone sanitaire à mention fongicide, jamais du mastic acrylique. Il se pose en dernier, sur des surfaces sèches, après la faïence. Il ne remplace pas l’étanchéité : le SPEC descend sur la paroi jusqu’à recouvrir l’aile du receveur, et le silicone ne comble que l’espace de finition, d’au moins 3 mm, entre le receveur et le carrelage.
En résumé : réglez niveau, appui et accès au siphon avant de gâcher le mortier
Posez le bac de niveau, puisque la pente est moulée dedans. Faites-le reposer en appui plein ou sur le châssis du fabricant, jamais sur des plots improvisés. Choisissez un siphon démontable par le dessus, ou prévoyez un tablier démontable ou une trappe, avant que la faïence ne ferme l’accès. Tranchez enfin entre receveur fini et receveur à carreler au moment de l’achat : le second vous oblige à réaliser l’étanchéité du sol.
Dans Murmur, la pose du receveur se déroule en étapes numérotées, chacune avec son conseil débutant et son conseil expert, et son chiffrage arrondit les fournitures à ce qui se vend, du sac de ciment à la cartouche de silicone.
Les sources
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La norme NF EN 274-1, dispositifs de vidage des appareils sanitaires, Afnor.
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SPEC et SEL, deux procédés à ne pas confondre, Fédération Française du Bâtiment.
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Les travaux affectant les parties communes en copropriété, service-public.fr.
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Fiche technique d’un receveur extra-plat de 26 mm, Castorama.
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Fiche technique d’un receveur de douche extra-plat de 35 mm, Duravit sur Batiproduits.
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Fiche technique d’une bonde de douche de 48 mm, Valentin sur Batiproduits.
Les chiffres de cette page ne viennent pas tous d’une source écrite : certains sont des ordres de grandeur de chantier, signalés comme tels là où ils apparaissent. Comment les chiffres de ce site sont établis.
Votre salle de bain, chiffrée puis posée dans l’ordre
Murmur calcule les quantités de la pièce, du ciment à la colle de carrelage, dans les formats vendus en magasin, puis déroule chaque pose en étapes numérotées.

