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TECHNIQUELecture : 15 min
Publié le 29 juillet 2026Mis à jour le 9 octobre 2026

Reconnaître son type de mur avant de percer et de fixer

Fondateur de Murmur, dix ans dans la tech puis une reconversion dans l’artisanat
Trou ouvert dans une cloison, laissant voir le vide entre les deux parements et le montant qui les sépare.
Sommaire9 sections

Pourquoi ma cheville tourne-t-elle dans le vide ? La question revient souvent sur les forums de bricolage, avec sa variante : la cheville bloque très bien, puis ressort au bout de trois semaines avec un cône de plâtre accroché. Chaque fois, elle avait été choisie pour un autre mur que celui qu’on perçait.

Une question qui nomme le support (« BA13 sur ossature », « cloison alvéolaire », « doublage collé sur polystyrène ») reçoit une réponse précise. Une question titrée « mur de mon salon » ne reçoit que des réponses hésitantes, parce qu’il est difficile de bien répondre sans connaître le support. Commencez donc par reconnaître votre type de mur, et choisissez la cheville ensuite.


Pourquoi choisir le mur avant la cheville

La charge qu’une cheville tient dépend toujours du mur dans lequel elle est posée. La fiche technique de la cheville fischer DuoPower le montre bien : pour un même modèle de 8 mm, elle recommande 110 daN dans le béton, 62 daN dans la brique pleine, 25 daN dans la brique creuse, 10 daN dans le béton cellulaire et 15 daN sur une plaque de plâtre de 12,5 mm. Dans le béton cellulaire, la cheville tient onze fois moins que dans le béton, avec la même cheville et le même foret.

Autrement dit, la question « quelle cheville pour 30 kg » n’a pas de réponse tant qu’on ne sait pas quel type de mur on a en face de soi. Une fois le mur connu, un tableau suffit pour le reste.

Le type de mur indique aussi jusqu’où vous pouvez percer : dans une cloison creuse, des gaines et des tubes passent dans le vide, alors que dans un mur plein, ils ne peuvent passer qu’au fond d’une saignée. Le guide sur la pose du placo et le montage d’une cloison décrit ces réseaux au moment du montage ; ici, il s’agit de les retrouver dans une cloison fermée depuis quarante ans, sans plan.


Reconnaître son type de mur en quatre gestes

Il vous faut quelques minutes et un foret. Faites ces gestes dans l’ordre : les deux premiers ne demandent aucun trou, et les deux derniers se font sur le même perçage d’essai.

1. Mesurez l’épaisseur au chambranle

Un simple mètre suffit. Ouvrez une porte et mesurez l’épaisseur totale du mur au niveau du bâti, ou à défaut sur le côté d’une fenêtre.

  • 50 ou 60 mm : cloison alvéolaire. Ce sont les deux épaisseurs que vise le NF DTU 25.41, dans sa version de février 2022.
  • 72 mm : cloison sur ossature métallique courante, un montant de 48 mm entre deux plaques BA13.
  • 98 ou 120 mm : même principe avec des montants plus larges ou un double parement.
  • Plus épais que ces valeurs, sans creux : maçonnerie, avec ou sans doublage.

Attention, un chambranle plus épais que le mur fausse la mesure d’un à deux centimètres. Mesurez au ras du bâti, et non sur l’habillage.

2. Écoutez

Frappez avec la phalange, à hauteur de poitrine, en vous déplaçant tous les dix centimètres sur un mètre.

Un parement sur ossature sonne creux entre les montants et mat à leur droit : vous entendez le rythme des montants revenir tous les 60 cm, soit l’entraxe courant décrit dans l’article sur le calcul des rails et des montants de placo. Une cloison alvéolaire sonne creux partout, avec un son plus court et plus sec, sans jamais de point mat. Un doublage collé sonne creux par plages irrégulières et mat au droit des plots de colle, sans aucune régularité. Une maçonnerie nue ne sonne pas du tout, et elle fait mal aux doigts.

Aucune norme ne décrit ce geste : c’est un savoir d’atelier, qui donne une bonne indication ; vous la confirmerez au geste suivant.

3. Regardez la poussière du premier trou

Percez sans percussion, à faible vitesse, dans un endroit qui sera caché. La poussière qui sort vous en dira en général plus sur le matériau qu’un détecteur.

  • Blanche et pulvérulente : plâtre, plaque ou carreau.
  • Ocre à rouge, granuleuse : terre cuite, brique creuse ou pleine.
  • Gris sombre, sableuse, avec des grains durs : béton ou parpaing.
  • Gris clair et très fine sur les premiers millimètres, puis autre chose : enduit plâtre sur maçonnerie, et le vrai support est dessous.
  • Blanche, puis rien, puis des billes blanches : plaque de plâtre, puis polystyrène. Vous êtes dans un doublage collé.

4. Sentez la course du foret

Quand le doute persiste, ce geste le lève en trois secondes.

  1. Résistance faible sur 13 mm, puis chute franche dans le vide. Cloison sur ossature ou contre-cloison. Le vide fait de 36 à 150 mm selon la largeur des montants, et 48 mm pour la cloison courante.
  2. Résistance faible sur 13 mm, puis vide immédiat très court, puis à nouveau du plâtre. Cloison alvéolaire : vous venez de traverser une alvéole de carton.
  3. Résistance faible sur 13 mm, puis 20 à 140 mm de matière molle qui n’oppose rien, puis du dur. Doublage collé sur isolant. L’épaisseur molle est celle de l’isolant, dont l’article sur l’isolation des murs par l’intérieur et la résistance R donne les valeurs courantes.
  4. Résistance homogène et continue sur toute la course. Matériau plein : carreau de plâtre, brique pleine, parpaing plein, béton.
  5. Résistance, puis vide, puis résistance, à intervalles courts. Brique creuse ou parpaing creux. C’est le support qui réserve le plus de mauvaises surprises.

Le conseil Murmur : faites ce premier trou derrière la porte, dans l’angle où elle vient buter, ou à trente centimètres du sol derrière un meuble. Il faut souvent deux ou trois essais avant d’être sûr, et mieux vaut ne pas les faire sur le mur que vous voulez équiper.


Ce que chaque support autorise comme charge

Le tableau qui suit reprend les charges recommandées par la fiche technique fischer DuoPower de juin 2020, et pour les parements en plâtre, les valeurs de la fiche conseil n° 17 du Syndicat national des industries du plâtre (SNIP) de novembre 2023. Pour simplifier, comptez 1 daN pour 1 kg.

SupportCheville adaptéeCharge par pointCe qui la fait s’effondrer
Bétonnylon à expansion ou métallique110 daN en Ø 8, 215 en Ø 10percer trop près du bord, moins de 50 mm en Ø 8
Brique pleinenylon à expansion62 daN en Ø 8tomber dans un joint de mortier
Parpaing enduit au plâtrenylon à expansion45 daN en Ø 8 et Ø 10l’enduit seul ne porte pas, il faut atteindre le bloc
Brique creuseà expansion pour corps creux25 daN en Ø 8traverser une cloison interne de 8 mm : la charge devient presque nulle
Béton cellulairespécifique béton cellulaire10 daN en Ø 8une cheville standard, qui broie le matériau autour d’elle
Carreau de plâtrenylon longue, matériau pleinnon publiée par les fabricantsvoir la réserve ci-dessous
Plaque de plâtre BA13métallique à expansion15 à 20 daN en traction, 30 à 50 en cisaillementla pose à la visseuse au lieu de la pince
Double BA13métallique à expansion20 à 30 daN en traction, 50 à 80 en cisaillementplafonnée à 30 kg par le DTU
Cloison alvéolaireà basculecharge non publiée, par prudence celle d’une BA13 simple, 15 à 20 daNau-delà, taquet de bois scellé dans l’âme
Doublage collétraversante jusqu’au mur arrièrecelle du mur arrière, à condition d’empêcher la flexionfixer dans la plaque seule

Pour le carreau de plâtre, la documentation manque. Aucune des fiches consultées ne donne de charge chiffrée sur un carreau de cloison de 5, 7 ou 10 cm. Il se comporte comme un matériau plein et tient beaucoup mieux qu’une plaque, mais sans valeur publiée. Suivez la notice de votre cheville, ou faites un essai sur une chute : c’est l’avantage du carreau, décrit dans le comparatif entre placo et carreau de plâtre.

Dans la brique creuse, la charge dépend de l’endroit exact du trou. Les 25 daN annoncés supposent que la cheville s’ouvre derrière une paroi interne intacte. Deux centimètres plus loin, elle s’ouvre dans le vide et ne tient plus rien. En brique creuse, on répartit donc la charge sur plusieurs chevilles plutôt que de tout confier à une seule.

La réserve du fabricant s’applique aux joints. Sa fiche l’écrit noir sur blanc : « en raison des différences de qualité des joints, les valeurs indiquées concernent uniquement le montage dans le matériau et non dans le mortier ». Si vous percez dans un joint, le tableau ne vaut plus rien.

Pour croiser un poids, un déport et un support sans refaire ce calcul à la main, le calculateur de cheville et de charge admissible affiche l’effort réel par point de fixation et le type de cheville correspondant.


Ce que dit le DTU passe avant ce que dit le paquet

Sur les parements en plâtre, une règle passe avant toutes les fiches produits. Le NF DTU 25.41, dans son annexe B.1.2, distingue des paliers de poids :

  1. Jusqu’à 10 kg : fixation directe, crochet ou cheville adaptée au support.
  2. De 10 à 30 kg : fixation directe possible, avec 400 mm minimum entre deux points.
  3. Au-delà de 30 kg : renvoi obligatoire à l’ossature, par une traverse en bois ou en métal fixée dans les montants au travers du parement.

La fiche de la cheville à bascule fischer DuoTec annonce 43 daN sur un double BA13, et elle rappelle sous son propre tableau que le NF DTU 25.41 limite la fixation directe à 30 daN, avec un renfort au-delà : le fabricant renvoie lui-même au DTU. Quand le paquet et le DTU ne disent pas la même chose, retenez la valeur la plus basse des deux.

La fiche conseil du SNIP décrit aussi comment une fixation s’arrache.

  • Deux chevilles espacées de moins de 200 mm forment un groupe, dont la résistance égale celle d’une seule cheville. Mettre une seconde cheville à dix centimètres de la première ne double donc rien du tout. Il faut 400 mm, et à 300 mm, il faut encore retirer 25 % à la charge.
  • La traction et le cisaillement ne s’additionnent pas. Dès que l’effort fait un angle de plus de 30° avec la surface de la plaque, il ne faut compter que la traction, soit 15 kg par point sur un parement simple.

Le cas le plus courant, le meuble haut de cuisine chargé à 70 kg, est traité en détail dans l’article sur la fixation d’un meuble haut sur du placo et son renfort. Le cas extrême est le chauffe-eau : plein, un ballon de 200 litres pèse plus de 200 kg, et sa fixation se prépare d’abord sur le mur.

Une charge lue sur une fiche ne vaut que pour le support et le type de cheville indiqués à côté.


Doublage collé, cloison alvéolaire, mur porteur : les fixations à part

Le doublage collé, où l’on fixe à travers

Une plaque collée sur 20 à 140 mm de polystyrène ne porte rien de plus qu’une plaque seule, et l’isolant derrière ne porte rien du tout. Au-delà de ce que tient un parement simple, la fixation doit aller jusqu’à la maçonnerie, derrière.

D’après la fiche du SNIP, la résistance en traction devient alors celle de la fixation dans le mur arrière, « de quelques dizaines de daN pour un support brique creuse à plusieurs centaines pour un support béton ». Par contre, le cisaillement ne se transmet pas, parce que la tige plie dans l’épaisseur molle. La solution est une cale tubulaire scellée dans l’isolant, qui évite de faire porter l’effort par la plaque. Sans elle, la tige longue tient bien dans le mur dur, mais le trou s’ovalise dans la plaque.

La cloison alvéolaire, où l’on scelle dans l’âme

Elle fait cinquante millimètres : deux plaques de plâtre avec un carton en nid d’abeille au milieu. En dessous de 30 kg, la cheville à bascule convient, à raison de 15 à 20 daN par point. Au-delà, le DTU impose des taquets de bois d’au moins 180 × 80 mm, lardés de clous et scellés dans l’épaisseur de l’âme, du côté opposé à la fixation, ce qui suppose d’ouvrir la cloison.

Pour ne pas le découvrir une fois les meubles achetés, mesurez l’épaisseur au chambranle avant de commander.

Le mur porteur, où l’on ne décide plus seul

Percer un mur porteur pour y suspendre une étagère ne pose aucun problème. Y ouvrir un passage, y creuser une saignée profonde ou y percer une série de trous alignés, si. Tout dépend de la quantité de matière retirée, comme l’explique l’article sur l’ouverture d’un mur porteur et le rôle du bureau d’études. En copropriété, un mur porteur est une partie commune, et l’autorisation se demande avant.


Ce que coûte le diagnostic

Presque rien : l’essentiel est déjà dans votre caisse à outils.

  • Un foret de 6 mm béton et un mètre : vous les avez déjà.
  • Un aimant plat de récupération, celui d’un vieux disque dur ou d’un loqueteau magnétique : il trouve les montants métalliques et les vis de la plaque à travers 13 mm de plâtre, et il ne coûte rien.
  • Un détecteur multimatériaux d’entrée de gamme : utile pour dégrossir, avant le perçage d’essai.
  • Un sachet de chevilles du bon modèle plutôt qu’un assortiment universel : il se choisit d’après le support relevé plus haut.

Une erreur, elle, coûte cher : un pan de plaque à déposer, l’ossature à reprendre, les bandes, l’enduit, la sous-couche et deux couches de peinture sur toute la surface. Comptez trois jours de travaux, pour une cheville de vingt centimes. Les cotes de pose des équipements que vous allez fixer, hauteur de meuble haut, de barre de douche ou de téléviseur, sont regroupées dans le mémo des cotes standards de rénovation.


Façade, mur porteur, amiante avant 1997 : où s’arrêter

Avant de percer, vérifiez que vous n’êtes dans aucune des situations suivantes, qui sortent de ce qu’on fait soi-même.

  • Toute fixation en façade, en allège de fenêtre ou en garde-corps. Volet, store banne, jardinière, filet, main courante extérieure : en cas d’erreur, la charge tombe depuis l’étage, et il faut un calcul que le tableau ne remplace pas. Faites appel à un professionnel.
  • Un mur porteur que vous voulez entamer sur plus qu’un trou de cheville. Il faut un bureau d’études structure, et l’accord de la copropriété si le mur est une partie commune.
  • Un logement construit avant 1997 dont vous devez déposer un revêtement pour accéder au support. Colles de carrelage, dalles de sol, enduits : seul un repérage avant travaux lève le doute sur l’amiante : à l’œil, vous ne pouvez pas le savoir. Arrêtez-vous là.

Une dernière réserve, de bon sens : les charges ci-dessus valent pour ce que la fiche du SNIP appelle des « applications à risques modérés », c’est-à-dire des risques négligeables pour la vie humaine et des dommages localisés. Une charge suspendue au-dessus d’un lit d’enfant n’entre pas dans cette catégorie.


En résumé : mesurez l’épaisseur au chambranle, puis percez un trou d’essai

La cheville, la charge, la profondeur de perçage et le moment où il faut s’arrêter dépendent du type de mur. Pour le reconnaître, mesurez l’épaisseur au chambranle, écoutez le son, regardez la couleur de la poussière et sentez la course du foret. Ensuite, un tableau vous donne la charge, et sur les plaques de plâtre, le NF DTU 25.41 fixe la limite à 30 kg.

Dans Murmur, la liste des fournitures de chaque pose (miroir, hotte, radiateur…) comprend les chevilles adaptées : métalliques à expansion, en nylon ou à frapper selon le chantier.


Questions fréquentes

  • Mesurez l’épaisseur au chambranle, écoutez le mur, puis percez sans percussion dans un endroit caché et regardez la poussière : blanche et pulvérulente pour le plâtre, ocre ou rouge et granuleuse pour la terre cuite. Le foret confirme : 13 mm de résistance faible puis le vide indiquent une plaque sur ossature, une résistance continue indique un matériau plein.
  • À son épaisseur, 50 ou 60 mm au chambranle d’une porte, contre 72 mm pour une cloison courante sur ossature métallique. Elle sonne creux partout, sans le rythme des montants tous les 60 cm, et le foret traverse une alvéole de carton très courte avant de retrouver du plâtre.
  • Celui d’une plaque de plâtre seule, soit 15 à 20 daN en traction avec une cheville métallique à expansion. Au-delà, la fixation doit traverser l’isolant jusqu’à la maçonnerie, avec une cale tubulaire qui évite de faire porter l’effort par la plaque, car le mur arrière ne reprend pas le cisaillement.
  • Non. Sous 200 mm d’écart, la fiche conseil des industriels du plâtre (SNIP) les considère comme un groupe dont la résistance égale celle d’une seule cheville. Il faut 400 mm entre deux points de fixation, et même à 300 mm une réduction de 25 % de la charge admissible s’applique.
  • Environ 25 daN pour une cheville nylon de 8 mm, d’après la fiche technique de la cheville fischer DuoPower. Cette valeur suppose que la cheville s’ouvre derrière une paroi interne intacte : deux centimètres plus loin, dans un joint ou dans le vide, elle ne tient plus rien.


Les sources

Les chiffres de cette page ne viennent pas tous d’une source écrite : certains sont des ordres de grandeur de chantier, signalés comme tels là où ils apparaissent. Comment les chiffres de ce site sont établis.

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