La fiche technique d’un chauffe-eau de 200 litres donne son poids à vide et l’entraxe de ses pattes de fixation. Elle ne donne pas le poids que le mur portera : celui de l’appareil plein, 200 kg d’eau en plus. Vissées à la cheville à expansion dans une cloison de plaque de plâtre, les pattes tiennent le ballon vide, puis le parement s’ouvre en éventail autour des points de fixation quand la cuve se remplit.
Pour installer un chauffe-eau soi-même, faites donc avant l’achat deux relevés gratuits : ce que l’appareil pèsera une fois plein, et ce que tient le mur censé le porter. Le raccordement vient ensuite et reste la partie la plus simple. Suivez cet ordre : le support d’abord, le tube ensuite, l’électricité en dernier.
Ce que pèse un chauffe-eau plein, avant même de l’acheter
Un chauffe-eau à accumulation, celui qu’on appelle ballon ou cumulus, stocke son eau dans une cuve et la chauffe par une résistance. Ce stock pèse lourd : un litre d’eau pèse un kilogramme, à peu de chose près. Un modèle de 100 litres suspend 100 kg, un 200 litres en suspend 200.
S’y ajoute le poids à vide de la cuve, de son isolant et de sa jaquette. Celui-là varie trop d’un fabricant à l’autre pour être annoncé ici : il se lit sur la fiche technique du modèle, à côté de l’entraxe des pattes de fixation. Relevez les deux avant de commander : ils vous servent à choisir entre mur et trépied.
La plomberie du chauffe-eau se tire au moment des réseaux, local technique encore ouvert : l’alimentation dessert l’appareil, elle ne s’adapte pas à lui après coup, comme le montre le guide pour refaire sa plomberie soi-même. Un mot sur le périmètre : tout ce qui suit vise l’électrique. Un chauffe-eau gaz relève de l’arrêté du 23 février 2018 et d’un certificat de conformité établi avec un organisme habilité.
Ce que le mur tient vraiment, et quand le trépied s’impose
Sur plaque de plâtre, la charge suspendue obéit à trois paliers, posés par le NF DTU 25.41 dans son annexe B.1.2 : jusqu’à 10 kg au crochet simple, de 10 à 30 kg à la cheville adaptée avec 400 mm au minimum entre deux points, et au-delà de 30 kg un renvoi obligatoire à l’ossature par une traverse fixée dans les montants. Pour une charge localisée, la norme recommande en plus de limiter ce renvoi à un moment de renversement de 30 daN.m : le poids multiplié par sa distance au mur, soit à peu près 100 kg portés par un bras de 30 cm. La fixation d’un meuble haut sur du placo montre comment reprendre cette charge dans l’ossature.
Un chauffe-eau plein dépasse les deux bornes. Sur les modèles consultés, un 150 litres pèse environ 190 kg plein et son axe se trouve à près de 30 cm du mur, soit environ 55 daN.m contre 30 au plus, en plaçant le centre de gravité sur l’axe de la cuve. Sur une cloison existante, c’est donc le trépied, et de même sur un doublage ou une contre-cloison d’un mur maçonné, où la fixation renvoyée à la structure est soumise à la même limite. Une pose murale ne s’envisage que sur une ossature renforcée pour cette charge dès la construction, si la notice de l’appareil l’admet : c’est un cas pour un professionnel, que l’estimation de Murmur ne couvre pas. La notice consultée exige d’ailleurs le trépied sur une cloison en plaques de plâtre.

Sur un mur plein, la question devient celle du matériau, et reconnaître le type de mur avant de percer donne les gestes pour l’identifier. L’écart est considérable : sur les fiches fischer qu’utilise le calculateur, la même cheville 8 × 40 tient 110 daN dans le béton et 25 dans une brique creuse, plus de quatre fois moins. Le calculateur de cheville et de charge calcule la traction et le cisaillement sur chaque point selon le support, et dit le cas où aucune cheville ne convient.
Reste le trépied, qui reporte la charge : le poids descend au sol au lieu de tirer sur le mur. Vérifiez alors le plancher plutôt que la cloison : la charge d’exploitation qu’un plancher de logement doit porter est fixée par l’Eurocode 1, et le poids du ballon plein s’y ajoute. Un trépied concentre tout sur trois appuis : il se place contre un mur porteur ou un refend, jamais au milieu d’une portée.
Sous un ballon plein, aucune cheville ne compense un mur que vous n’avez pas identifié. Support inconnu, cloison en plaques existante ou doublage, collé comme sur ossature, c’est le trépied.
Le rôle du groupe de sécurité
Le groupe de sécurité se visse sur l’entrée d’eau froide du chauffe-eau. Il réunit un robinet d’arrêt, un clapet anti-retour, une soupape de sûreté et une vidange dans un seul corps en laiton. La norme NF EN 1487 le définit pour les diamètres DN 15 à DN 25, entre 0,1 et 0,7 MPa de pression de service, sur des appareils de stockage dont la température ne dépasse pas 95 °C.
Il existe parce que l’eau se dilate en chauffant, et ce volume doit sortir quelque part. La soupape le laisse partir goutte à goutte pendant la chauffe. C’est pour cela qu’aucun organe de coupure ne se pose entre le groupe et la cuve : une vanne fermée transforme le chauffe-eau en récipient clos, et la dilatation n’a plus d’issue. La pose des appareils de production d’eau chaude sanitaire relève du NF DTU 60.1 P1-1-3, qui interdit tout piquage ou organe entre le groupe et l’appareil.
La sortie du groupe se raccorde à un entonnoir siphoïde, à l’air libre, avec une rupture visible entre les deux. Pas en direct sur l’évacuation : vous ne verriez plus rien couler, alors qu’une soupape qui coule en continu est un symptôme de pression trop haute. Le volume rejeté à chaque chauffe dépend du modèle et de la consigne : il se lit sur la notice, et il justifie une évacuation permanente plutôt qu’un récipient que vous videriez.
Le conseil Murmur : manœuvrez la molette de vidange du groupe une fois par mois, quelques secondes, appareil en service. Le calcaire peut figer la soupape en position fermée, et une soupape figée ne se signale que le jour où elle aurait dû s’ouvrir.
Ce qu’il faut acheter en plus du ballon
Le prix affiché sur l’appareil n’est pas le prix de la pose. Six postes s’y ajoutent, et la moitié se découvre au deuxième aller-retour au négoce.
- Le groupe de sécurité et son entonnoir, plus le tube qui le mène à l’évacuation.
- Deux raccords diélectriques, un par piquage. Le cuivre au contact direct de l’acier forme une pile, et la corrosion galvanique attaque le métal le moins noble. Le manchon diélectrique coupe ce contact. Les notices ne donnant pas toutes la même distance entre les deux métaux, fiez-vous au manchon plutôt qu’à un écart.
- Les flexibles ou le tube d’alimentation. Pour choisir entre PER et multicouche sans soudure, comparez le raccord et la pince que chacun impose. Si le piquage se fait sur du cuivre déjà posé, décidez d’abord où couper ce cuivre, puis choisissez le raccord mixte.
- Le support : le trépied sur un parement en plaques de plâtre, cloison ou doublage, ou les fixations lourdes au gabarit de la notice sur un mur maçonné nu.
- Le circuit électrique dédié. Le calculateur de section de câble donne, pour un chauffe-eau de 2 400 W, du 2,5 mm² protégé par un disjoncteur 20 A, et 59 m de ligne praticable avant de dépasser 5 % de chute de tension.
- Le contacteur heures creuses, si votre abonnement en propose et que le tableau n’en porte pas déjà un.
Ce circuit est un circuit spécialisé : il ne dessert que cet appareil, depuis le tableau, sans rien partager. L’article sur la NF C 15-100 et les circuits du tableau montre comment il s’inscrit dans le reste de l’installation.
La mise en eau précède toujours la mise sous tension
Inverser les deux dernières étapes coûte une résistance.
- Fixer le support à vide. Trépied d’aplomb devant un parement en plaques, ou fixations du mur maçonné nu serrées, ballon posé, rien de raccordé. C’est le dernier moment où l’appareil se déplace à deux.
- Monter le groupe de sécurité sur l’entrée d’eau froide, sans aucune vanne entre lui et la cuve, sa vidange raccordée à l’entonnoir.
- Raccorder l’eau froide et l’eau chaude, un raccord diélectrique par piquage, sans forcer sur le corps des piquages.
- Remplir la cuve, robinet d’eau chaude grand ouvert, jusqu’à ce que l’eau coule franche et sans à-coups. C’est ce qui chasse l’air. Une résistance mise sous tension dans une cuve partiellement vide grille en quelques minutes, et cette panne n’est pas couverte par la garantie.
- Mettre sous tension en dernier, en réenclenchant le disjoncteur du circuit.
Une cuve pleine pose le problème inverse dès qu’il gèle. Si le chantier s’arrête l’hiver après la mise en eau, videz le ballon en même temps que le réseau, par la vidange du groupe de sécurité.
Si le chauffe-eau prend place dans la salle d’eau, le découpage en volumes 0, 1 et 2 de la NF C 15-100 s’applique à tout ce qui s’y branche. Réglez enfin la consigne : l’arrêté du 30 novembre 2005 plafonne l’eau chaude sanitaire à 50 °C aux points de puisage des pièces destinées à la toilette et à 60 °C dans les autres pièces.
Questions fréquentes
- Non, rien ne l’impose dans votre logement, et aucun organisme ne contrôle l’installation avant sa mise en service. Le chauffe-eau demande un circuit spécialisé depuis le tableau, en 2,5 mm² protégé par un disjoncteur 20 A pour un appareil de 2 400 W. Si le tableau est plein ou si son état vous inquiète, confiez le tableau à un professionnel ; le raccordement de l’appareil reste à votre portée.
- Oui, à condition de respecter le découpage en volumes de la NF C 15-100. Les volumes 0, 1 et 2 couvrent la baignoire, la douche et leurs abords immédiats, et l’appareillage électrique y est restreint. Les masses métalliques de la pièce sont reliées par la liaison équipotentielle locale, à poser tant que les cloisons sont ouvertes.
- Oui, pendant la chauffe : l’eau se dilate et la soupape évacue ce volume, c’est sa fonction. Un écoulement continu, y compris quand le chauffe-eau ne chauffe plus, ne l’est pas. Il signale en général une pression de réseau trop élevée, qui se mesure au manomètre et se traite par un réducteur de pression posé en amont.
- Oui, et complètement. Un ballon de 200 litres décroché encore plein pèse plus de 200 kg, trop pour le retenir à la main. Coupez l’alimentation électrique, fermez l’arrivée d’eau froide, ouvrez un robinet d’eau chaude pour casser le vide, puis vidangez par le groupe de sécurité ou par un raccord bas.
En résumé : calculez le poids du ballon plein et vérifiez ce que le mur supporte
Avant l’achat, relevez le volume du chauffe-eau, qui donne son poids en eau à raison d’un kilo par litre, et gardez en tête ces repères : 30 kg, au-delà desquels une plaque de plâtre ne tient plus seule, et 2,5 mm² sous disjoncteur 20 A pour le circuit qui l’alimentera.
Dans Murmur, le remplacement d’un chauffe-eau électrique se chiffre avec le ballon au choix en 150 ou 200 litres, le groupe de sécurité et son siphon, et le trépied, proposé en option selon le support (« Optionnel selon support »). L’application indique de le prévoir sur un mur en plaques de plâtre, doublage compris, ou sur un mur qui ne peut pas porter seul le chauffe-eau.
Les sources
- La fiche de la norme NF DTU 25.41 P1-1, ouvrages en plaques de plâtre, Afnor.
- La norme NF EN 1487, groupes de sécurité hydraulique, Afnor.
- Le NF DTU 60.1 P1-1-3, appareils sanitaires et appareils de production d’eau chaude sanitaire, Afnor.
- La norme NF C 15-100, installations électriques à basse tension, Afnor.
- L’Eurocode 1, actions sur les structures, poids volumiques et charges d’exploitation, Afnor.
- L’arrêté du 30 novembre 2005 modifiant l’arrêté du 23 juin 1978 relatif aux installations fixes destinées au chauffage et à l’alimentation en eau chaude sanitaire des bâtiments d’habitation, des locaux de travail ou des locaux recevant du public, Légifrance.
- L’arrêté du 23 février 2018 relatif aux installations de gaz combustible des bâtiments d’habitation, Légifrance.
Les chiffres de cette page ne viennent pas tous d’une source écrite : certains sont des ordres de grandeur de chantier, signalés comme tels là où ils apparaissent. Comment les chiffres de ce site sont établis.
Chiffrez le ballon et son support
Murmur chiffre le chauffe-eau en 150 ou 200 litres avec son groupe de sécurité, et propose le trépied, à prévoir sur un mur en plaques de plâtre.

