Vous claquez la porte de la chambre que vous venez de créer, et toute la cloison vibre. Une fissure finit par partir en biais depuis l’angle du bâti, et le placo sonne creux dès qu’on frappe entre deux montants. Le vissage n’y est pour rien : les plaques et les montants avaient été choisis au prix, six semaines plus tôt, dans une allée de magasin.
Pour choisir le montant et la plaque, il faut deux relevés, à faire chez vous avant d’aller au magasin : la hauteur sous plafond et le classement de la pièce. Un montant M48/35 posé tous les 60 cm tient 2,45 m de haut selon le NF DTU 25.41, le texte qui encadre ces cloisons. Sous un plafond à 2,70 m, cette cloison est donc trop haute pour son ossature avant même la première vis, et il faudra resserrer les montants ou en prendre de plus larges.
Cloison, contre-cloison ou doublage placo
Derrière le mot « placo », on trouve en réalité trois montages qui n’obéissent pas aux mêmes règles, et les confondre fait souvent acheter le mauvais montant.
- La cloison de distribution sépare deux pièces chauffées. Elle se compose d’une ossature métallique au centre et d’une plaque de chaque côté. La version courante, dite cloison BA13, fait 72 mm d’épaisseur en tout : un montant de 48 mm et deux plaques BA13.
- La contre-cloison se monte devant un mur existant, sur une ossature indépendante, avec un seul parement. On la choisit en général quand le mur est irrégulier, ou quand on veut loger de l’isolant et des gaines sans percer le mur.
- Le doublage placo consiste à coller un complexe isolant directement sur le mur. Il relève d’un autre texte, le NF DTU 25.42, qui plafonne l’isolant à 140 mm pour le polystyrène expansé et à 120 mm pour le polyuréthane, le polystyrène extrudé et les laines minérales.
Attention, une contre-cloison n’a pas les mêmes hauteurs maximales qu’une cloison. Pour une contre-cloison, le DTU 25.41 donne une distance maximale de 4,05 m entre appuis, avec des montants M100/50 doublés posés tous les 60 cm sous une plaque BA13 ou BA15, et fixe à 7 m la hauteur maximale quand elle comporte des appuis intermédiaires. Pensez aussi à couper la laine minérale d’une contre-cloison à la hauteur de la paroi plus 1 cm, pour qu’elle tienne seule entre le sol et le plafond ; un panneau de polystyrène ou de polyuréthane se coupe à la hauteur exacte.
Dans une rénovation, la cloison se monte après la dépose et avant les finitions : une fois l’électricité et la plomberie passées, et avant les sols. L’article sur l’ordre idéal pour rénover sa maison soi-même détaille cet enchaînement. Si vous cherchez à isoler plutôt qu’à séparer deux pièces, partez de la résistance R visée, comme pour l’isolation des murs par l’intérieur.
Tout ce qui suit décrit la cloison sur ossature métallique. Le carreau de plâtre sépare aussi deux pièces : il se monte sans ossature et sans bandes, au prix d’un mur plein où plus rien ne passe. Mieux vaut trancher entre placo et carreau de plâtre avant d’acheter le premier rail. Si c’est le carreau que vous retenez, sa mise en œuvre a ses propres règles, à commencer par la désolidarisation du pourtour : monter une cloison en carreaux de plâtre.
Quelle plaque de plâtre choisir
L’épaisseur de la plaque
Le nombre qui suit « BA » est l’épaisseur en millimètres. La BA13 mesure en réalité 12,5 mm, la BA15 fait bien 15 mm, et il existe des BA18 et des BA25, qui répondent aux usages plus exigeants. Dans un logement, une BA13 par face suffit en général.
L’épaisseur joue surtout sur la résistance aux chocs, et le DTU distingue pour cela le cas A du cas B. En cas A, qui couvre les maisons individuelles, les parties privatives des logements collectifs et les bureaux, un simple parement BA13 ou BA15 suffit. En cas B, tous les autres emplois, il faut soit un parement unique en BA18, soit deux plaques de placo BA13 ou BA15 par face.
Les types de la norme NF EN 520
Chaque plaque porte une lettre, qui indique son type selon la norme.
| Type | Ce que dit la norme | Où il sert dans un logement |
|---|---|---|
| A | plaque standard | pièces sèches, la majorité des cloisons |
| H1 | absorption d’eau réduite | salle de bain, salle d’eau, cellier non chauffé |
| F | cohésion de l’âme à haute température | recoupement coupe-feu, gaine technique |
| I | haute dureté superficielle | couloir, entrée, chambre d’enfant |
| D | masse volumique contrôlée | cloisons acoustiques |
En local classé EB+ privatif, c’est-à-dire une salle de bain de logement, le DTU 25.41 impose que le parement apparent des cloisons verticales soit hydrofugé H1. La même règle vaut pour les parties sous rampant situées à moins de 1,80 m du sol. Le texte prévoit aussi une solution pratique : le système de protection à l’eau sous carrelage (SPEC) n’est plus nécessaire si la plaque, l’enduit à joint et le mortier de rebouchage sont tous hydrofugés. Il faut donc y penser en commandant les enduits, avant de carreler. L’article sur l’étanchéité sous carrelage en salle de bain liste les cas où le SPEC reste obligatoire.
Quel montant pour quelle hauteur
Consultez ce tableau avant d’aller au magasin : un montant trop faible pour la hauteur donne une cloison qui vrille. Les valeurs viennent du NF DTU 25.41, pour une cloison à simple parement, montants simples.
| Montant | Parement | Entraxe 60 cm | Entraxe 40 cm |
|---|---|---|---|
| M48/35 | 1 BA13 par face | 2,45 m | 2,75 m |
| M48/50 | 1 BA13 par face | 2,55 m | 2,95 m |
| M70/40 | 1 BA15 par face | 3,40 m | 3,90 m |
| M90/40 | 1 BA15 par face | 4,10 m | 4,70 m |
| M100/50 | 1 BA15 par face | 4,55 m | 5,20 m |
Sous un plafond de 2,50 m, vous pouvez garder des M48/35, à condition que leur fiche annonce une inertie d’au moins 2,50 cm⁴. Au-delà, le plus simple est de resserrer l’entraxe à 40 cm ou de doubler les montants dos à dos, ou les deux. Un M48/35 doublé et posé tous les 40 cm monte à 3,40 m. Passer en double parement va plus loin : la même ossature avec deux plaques BA13 par face admet 3,00 m à entraxe 60, et 4,15 m en montants doublés à entraxe 40.
Quand l’entraxe passe de 60 à 40 cm
Dans un cas précis, ce resserrement devient obligatoire. En local EB+ privatif, l’entraxe descend de 0,60 à 0,40 m pour les cloisons à simple parement, une BA13 ou une BA15, dès que la finition est un carrelage de plus de 1 600 cm² par carreau. Pour le carrelage que vous avez repéré, faites le calcul : un 30 × 30 fait 900 cm² et n’oblige à rien, un 40 × 40 fait tout juste 1 600 cm², un 45 × 45 en fait 2 025 et impose l’entraxe de 40. Mieux vaut donc choisir le carreau avant d’acheter l’ossature.
Fixez aussi l’entraxe avant de commander l’isolant : un panneau de laine taillé pour 60 cm n’entre pas sans recoupe entre des montants posés à 40, et un carreau de 45 cm choisi en dernier peut obliger à redémonter l’ossature.
Le passage de l’entraxe au nombre de montants, de rails et de vis relève d’un autre calcul, avec ses coefficients de chute et ses doublages aux angles. Il est détaillé dans l’article sur le calcul des rails et des montants de placo, et le calculateur de rails et montants le fait pour vos dimensions.
Ce qui passe dans la cloison se décide avant elle
Une gaine oubliée oblige à scier une plaque neuve. Les gaines et les boîtiers se posent une fois la première face vissée et l’isolant en place, pendant que la seconde face est encore ouverte. Ce qui traverse la cloison de part en part se perce à la fin, quand les deux faces sont posées et les joints faits.
Il faut donc savoir, avant de tracer au sol, combien de prises, quels circuits et quelles arrivées d’eau passeront dans le futur mur. Le nombre de socles et leur hauteur pièce par pièce sont fixés par la norme NF C 15-100. Comptez-les sur le plan, pour savoir combien de boîtiers d’encastrement percer quand la cloison sera à moitié fermée. Tout ce qui doit être photographié, coté, testé et étiqueté à ce moment précis est réuni dans la checklist à dérouler avant de refermer un mur : après le vissage, chacun de ces points coûte une dépose de plaques.
Une cloison ne se referme pas non plus sur un mur dont l’humidité n’a pas été identifiée : condensation, infiltration ou remontée capillaire se distinguent avant d’isoler, avec des critères de refus qui incluent la température de paroi.
Dans un doublage collé, les gaines ont des règles plus strictes, parce que chaque saignée dans l’isolant lui retire de l’épaisseur. Le DTU 25.42 les admet dans le mur lui-même, en apparent, ou à la verticale dans l’isolant côté chaud, passées au fil chauffant. En laine minérale ou en polyuréthane, si rien d’autre n’est possible, une saignée de 16 mm de profondeur au plus reste admise.
Côté matériel, un lève-plaque vous rendra service pour le plafond et le haut des cloisons ; on peut le louer, ou l’acheter d’occasion et le revendre en fin de chantier. Pour comparer, voyez l’outillage de rénovation, à louer ou à acheter.
Poser du placo soi-même : l’ordre des gestes
- Tracer. Tracez au cordeau au sol sur toute la longueur, puis reportez le trait au plafond au fil à plomb ou au laser. Un tracé faux de 2 cm au plafond donne une cloison qui penche et une porte qui frotte. Si un faux plafond est prévu, il se pose après les cloisons ou s’interrompt à leur droit, comme pour tout faux plafond sur fourrures et cavaliers.
- Poser les rails. Fixez-les tous les 60 cm au plus, et jamais à moins de 5 cm du bord d’une dalle béton, sinon la cheville risque de faire éclater le béton. En local humide, ajoutez un joint souple entre la lisse et le sol, et un film polyéthylène si vous posez sur sol brut.
- Enfiler les montants. Si vous devez rallonger un montant, les raccords ne doivent pas être alignés d’un montant à l’autre, et chaque aboutage s’éclisse avec au moins 20 cm de recouvrement, vissé sur les deux ailes.
- Visser le premier parement. Calez la plaque en laissant environ 1 cm en pied, puis vissez-la sur les montants. Décalez les joints verticaux d’au moins un entraxe, et décalez aussi les joints horizontaux dès qu’une face compte plusieurs plaques.
- Isolant, gaines, boîtiers. La cloison est encore ouverte, c’est le bon moment. Glissez la laine entre les montants sans la tasser, fixez les gaines et percez les boîtiers à la scie cloche. Les attentes à y laisser sont détaillées dans l’article sur le pré-câblage avant fermeture.
- Fermer la seconde face. Les règles sont les mêmes, mais décalez les joints par rapport à la première face : deux joints face à face créent une ligne de faiblesse sur toute la hauteur.
Le conseil Murmur : avant de visser une seule plaque, contrôlez l’aplomb de chaque montant au niveau, puis passez la règle de 2 m sur toute l’ossature. Le DTU tolère 5 mm d’écart sous la règle de 2 m, et autant de faux aplomb sur la hauteur d’un étage : un montant en retrait de 8 mm se verra sur la plaque.
Traiter les joints : bande, enduit, séchage
Une cloison bien montée mais mal jointée a l’air bâclée. L’ordre à suivre est le suivant : enduire au fond du creux formé par les bords amincis, poser la bande à joint, la serrer, la recouvrir d’enduit, laisser sécher, puis passer une seconde couche. Évitez de superposer deux bandes.
N’appliquez pas les enduits sous 5 °C : dans une pièce non chauffée en hiver, il faudra attendre ou chauffer. Et la finition, peinture ou papier, ne se pose qu’après 7 jours minimum de séchage des joints en ambiance naturelle.
La suite du chantier, ponçage, rebouchage et sous-couche, se lit dans l’article sur l’enduit, le lissage et la préparation avant peinture, puis dans celui sur la mise en peinture d’un appartement soi-même.
Une cloison neuve ne peut pas tout porter. Si des meubles hauts, un chauffe-eau ou une console de lavabo doivent s’y accrocher, posez le renfort maintenant, entre les montants. L’article sur la fixation d’un meuble haut dans du placo donne les charges admissibles par type de cheville, et les cas où un renfort bois ou métallique devient obligatoire. Le calculateur de cheville et de charge admissible affiche l’effort réel par point de fixation. Sur un mur existant plutôt que sur une cloison que vous montez, identifiez d’abord le support : reconnaître le type de mur avant de percer en donne le protocole.
Les postes qui manquent à la liste de courses
On oublie souvent l’enduit et la bande à joint : le calculateur compte 0,33 kg d’enduit et 1,4 m de bande par mètre carré de plaque, un peu moins que la fiche du syndicat des fabricants de plâtre. Et n’oubliez pas les chutes : le calculateur ajoute par défaut une marge de 10 % sur les plaques, les rails et les montants, que vous pouvez régler de 5 à 20 %. Le calculateur de rails et montants convertit vos dimensions en nombre de barres, de plaques et de boîtes.
Mur porteur, amiante, coupe-feu, local EC : à confier
Une cloison en placo ne porte que son propre poids. Voici les cas où mieux vaut ne pas vous lancer seul.
- Abattre un mur avant de recloisonner. Tant que vous n’avez pas la preuve écrite que le mur n’est pas porteur, n’y touchez pas. Un mur porteur se dépose avec une étude de structure et un IPN posé par un professionnel, et en copropriété avec l’accord de l’assemblée générale.
- Un logement dont le permis de construire date d’avant le 1er juillet 1997. Le repérage amiante avant travaux est obligatoire si vous confiez le chantier, et il est le seul moyen de savoir avec certitude si un matériau contient de l’amiante : percer ou poncer un matériau amianté peut exposer toute la maisonnée. Peinture au plomb avant 1949, même logique.
- Une paroi coupe-feu. Le degré de résistance au feu ne se déduit pas du type de plaque : il tient au procès-verbal d’essai du système complet, ossature, isolant et plaques compris. Recouper une gaine palière, ou séparer un garage d’une pièce de vie, relève de ce cas.
- Un local classé EC. Le DTU 25.41 ne s’applique qu’aux locaux EA, EB et EB+, privatifs ou collectifs. En local EC, il ne couvre plus la cloison : faites valider le système par un professionnel.
En résumé : choisissez montant, plaque et entraxe d’après la hauteur, la pièce et le carrelage
Avant d’aller au magasin, relevez la hauteur sous plafond pour choisir le montant, le classement de la pièce pour choisir la plaque, et le format du carrelage éventuel pour fixer l’entraxe. Le tableau du DTU vous donne ensuite la bonne combinaison. Dans Murmur, la cloison se chiffre depuis vos cotes : plaques, rails, montants, vis et consommables de jointement, arrondis aux formats vendus en magasin, avec une marge de sécurité incluse, affichée en pourcentage, et la liste de courses qui va avec.
Questions fréquentes
- Avec des montants M48/35 posés tous les 60 cm et une BA13 par face, le NF DTU 25.41 admet 2,45 m, et tolère 2,50 m pour une inertie d’au moins 2,50 cm⁴. Au-delà, resserrez l’entraxe à 40 cm pour 2,75 m, doublez les montants à cet entraxe pour 3,40 m, ou passez en M70.
- Le DTU 25.41 impose un parement hydrofugé H1 sur toutes les cloisons verticales apparentes d’un local EB+ privatif, donc sur l’ensemble de la salle de bain, pas seulement autour de la douche. Sous rampant, l’obligation s’arrête à 1,80 m du sol. Au plafond, des plaques standard suffisent.
- Oui, en collant un complexe de doublage sur plots de colle, comme le prévoit le NF DTU 25.42. Mais cela ne vaut que pour un mur sain, sec et plan. Sur un mur humide, irrégulier ou en pierre, montez une contre-cloison sur ossature indépendante : elle laisse une lame d’air et rattrape les défauts sans les transmettre à la plaque.
- Comptez au moins sept jours après le traitement des joints, en ambiance naturelle, selon le DTU 25.41. Si la pièce est très humide, aérez-la, et n’appliquez pas les enduits sous 5 °C. Peindre trop tôt marque les joints en creux, un défaut qui ressort en lumière rasante et se corrige seulement au ponçage.
Les sources
- Le guide NF DTU 25.41 et 25.42 pour les plaquistes, Les Industries du Plâtre et la CAPEB.
- La fiche de la norme NF DTU 25.41 P1-1, Afnor.
- La norme NF EN 520+A1, définitions et types de plaques de plâtre, Afnor.
Les chiffres de cette page ne viennent pas tous d’une source écrite : certains sont des ordres de grandeur de chantier, signalés comme tels là où ils apparaissent. Comment les chiffres de ce site sont établis.
Relevez vos cotes avant d’acheter
Entrez la longueur, la hauteur et l’entraxe de votre cloison : le calculateur compte les plaques de BA13, les rails, les montants, les vis et les consommables de jointement.

