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TECHNIQUELecture : 7 min
Publié le 12 juillet 2026Mis à jour le 9 octobre 2026

PER ou multicouche : quel tuyau choisir ?

Fondateur de Murmur, dix ans dans la tech puis une reconversion dans l’artisanat
Alimentations en eau chaude et en eau froide en attente dans une cloison ouverte.
Sommaire7 sections

Au rayon plomberie, la couronne de PER et celle de multicouche se ressemblent, mais elles ne se posent ni avec la même pince ni avec les mêmes raccords, et de ce choix dépend ce que vous pourrez enfermer dans un mur. La pince, à elle seule, peut coûter plus cher que la couronne, les raccords et la nourrice réunis.

Le tube lui-même pèse peu dans le budget d’une salle de bain ; l’argent part plutôt dans l’outil racheté au troisième aller-retour, et surtout dans la reprise, quand un raccord suinte derrière une cloison fermée, carrelée et peinte.


Ce qui différencie le PER du multicouche

  • Le PER, polyéthylène réticulé. C’est un tube plastique souple, vendu en couronne, rouge pour l’eau chaude et bleu pour l’eau froide. Il craint les ultraviolets : il faut donc le protéger sous gaine ou l’encastrer. Il garde la courbure de sa couronne et cherche à y revenir, ce qui complique les tracés propres.
  • Le multicouche. C’est un sandwich de trois épaisseurs : une âme en aluminium prise entre deux couches de polyéthylène. L’aluminium bloque la mémoire de forme, donc le tube reste où vous le cintrez, à la main. Il rend aussi la paroi étanche à l’oxygène, ce qui évite la formation de boues dans un circuit de chauffage.

Les deux se posent sans chalumeau ni soudure, ce qui explique que ceux qui rénovent eux-mêmes les préfèrent au cuivre.

La plomberie se tire en même temps que l’électricité, avant l’isolation et le cloisonnement, quand le logement est encore une coquille vide : c’est la place que lui donne l’ordre idéal pour rénover sa maison soi-même. Le tube n’est d’ailleurs que la moitié du sujet : vous arrêtez d’abord le tracé des deux réseaux, alimentation et évacuation, et le guide pour refaire sa plomberie soi-même donne l’ordre dans lequel les deux se posent.


Ce que chaque tube impose sur le chantier

CritèrePERMulticouche
Tenue en formerebondit, à maintenir par colliersgarde le cintrage à la main
Pose apparenteà protéger des UVpossible, finition blanche
Dilatationforte, prévoir du jeu en traverséefaible, l’aluminium bride le tube
Circuit de chauffageversion avec barrière anti-oxygène, contre les bouesbarrière intégrée par l’âme alu
Outillage typepince à glissementpince à sertir et mâchoires
Prix au mètreplus basplus élevé, tube et raccords

Le multicouche revient plus cher que le PER, tube et raccords confondus. L’écart change trop d’une enseigne à l’autre, et d’une semaine à l’autre, pour qu’un chiffre tienne : relevez-le sur les deux références le jour de votre commande, à diamètre intérieur égal, pas au même numéro d’étiquette. Le comparatif entre grandes surfaces de bricolage et négoces explique où l’écart se creuse le plus.


Quel diamètre de tube pour quel appareil

Le NF DTU 60.11, la norme qui donne les règles de calcul des installations de plomberie sanitaire, compte en diamètre intérieur. Pour chaque appareil, il fixe un débit minimal et un diamètre intérieur minimal d’alimentation.

AppareilDébit minimalØ intérieur minimal
Lavabo0,20 l/s10 mm
WC à réservoir de chasse0,12 l/s10 mm
Machine à laver le linge0,20 l/s10 mm
Douche0,20 l/s12 mm
Évier0,20 l/s12 mm
Baignoire0,33 l/s13 mm

En magasin, les tubes sont vendus par leur diamètre extérieur. Un PER 16 porte l’étiquette 16 × 1,5 : il fait 16 mm à l’extérieur avec 1,5 mm de paroi, donc 13 mm à l’intérieur. Un multicouche 16 porte l’étiquette 16 × 2 : avec le même numéro, il ne fait que 12 mm à l’intérieur. À numéro égal, le multicouche laisse donc passer moins d’eau que le PER, et pour une baignoire, qui demande 13 mm, il faut monter en multicouche 20.

ÉtiquetteØ intérieurAlimente
PER 16 × 1,513 mmlavabo, WC, douche, évier, baignoire
PER 20 × 1,916,2 mmdépart de nourrice, alimentation générale
Multicouche 16 × 212 mmlavabo, WC, douche, évier
Multicouche 20 × 2,2515,5 mmbaignoire, départ de nourrice
Multicouche 25 × 2,520 mmalimentation générale

Le conseil Murmur : posez la nourrice et repérez chaque départ au feutre indélébile, directement sur la gaine, jamais sur un ruban adhésif qui se décollera dans six mois. Le jour où une fuite apparaît sous la chape, vous saurez quel départ fermer sans couper l’eau de tout le logement.


Raccord à glissement, à compression ou à sertir

Du raccord dépendent l’outil à acheter, le budget et la possibilité d’enfermer l’assemblage dans un mur.

Un robinet d’arrêt doit rester atteignable : la trappe se cadre sur l’ossature et se découpe dans la plaque avant sa pose. Plus tard, l’ouverture se scie dans la faïence. 37 svoir sur YouTubeAu lancement, la vidéo se charge depuis YouTube, qui dépose alors ses propres traceurs.
  1. À glissement, pour le PER. Vous poussez une bague sur le tube avec une pince à glissement, manuelle ou hydraulique. L’assemblage ne se démonte plus, il n’a pas de joint torique, et c’est en général la solution la plus fiable une fois enfermée dans un mur.
  2. À compression, pour les deux tubes. Il suffit d’un écrou, d’une olive et de deux clés plates, sans outillage spécifique. C’est le raccord le plus simple à poser, mais il se démonte : il doit donc rester accessible.
  3. À sertir, surtout pour le multicouche. Il faut une pince à sertir et des mâchoires au bon profil, TH, U ou H selon la marque de raccord. L’assemblage est définitif et peut s’enfermer dans un mur, mais la pince est la plus grosse dépense de la commande.

Un raccord à compression ne s’enferme pas derrière une cloison fermée ni sous une chape, sauf à garder une trappe de visite. Pour un raccord enfermé, il faut donc un raccord à glissement ou à sertir.

Ces trois familles supposent deux tubes neufs. Quand le réseau se greffe sur une alimentation en cuivre que vous gardez, vous choisissez le raccord selon l’endroit où vous coupez le cuivre, comme le détaille l’article sur le branchement du PER sur du cuivre existant.

Avant d’acheter une pince à sertir pour une seule salle de bain, comparez avec la location : c’est le choix que traite l’article sur l’outillage à louer ou à acheter. Et pensez à la suite immédiate du chantier. Les percements pour les boîtiers électriques et le passage des tubes se coordonnent avec l’ossature, détaillée dans l’article sur le calcul des rails et montants de placo, puis avec les volumes de sécurité de la norme NF C 15-100 en salle de bain.


Ce qu’il faut commander en plus du tube

La couronne ne fait pas la moitié de la commande. Prévoyez :

  • La gaine annelée, un mètre pour chaque mètre de tube encastré. Elle protège le tube et permet de le retirer sans casser le mur.
  • La nourrice, avec un départ par appareil et une vanne par départ. Comptez les points d’eau de la pièce ; mieux vaut ajouter un départ en réserve.
  • Les colliers de fixation, en apparent comme en gaine, pour éviter les points bas où l’eau stagne.
  • Le limiteur de température ou le mitigeur thermostatique, si votre production d’eau chaude dépasse les seuils réglementaires.

L’arrêté du 30 novembre 2005 plafonne la température de l’eau chaude sanitaire à 50 °C aux points de puisage des pièces destinées à la toilette et à 60 °C dans les autres pièces.

Si votre installation touche à une chaudière gaz, arrêtez-vous là et faites intervenir un professionnel : le raccordement gaz ne relève pas de l’auto-rénovation. Le compteur d’eau et le robinet d’arrêt situé avant lui ne sont pas à vous non plus : ils restent au service d’eau. En copropriété, les colonnes montantes sont en principe des parties communes. Pour savoir où s’arrête exactement le droit d’intervenir soi-même sur ses réseaux, et ce que votre assurance couvre si une fuite dégrade le logement du dessous, voyez l’article sur le droit de refaire son électricité et sa plomberie soi-même.

Arrêtez le tracé de la plomberie avant l’étanchéité et le carrelage. En salle d’eau, l’étape suivante est l’étanchéité sous carrelage, qui vient juste après la fermeture de la cloison.


En résumé : choisissez le raccord et sa pince, puis le tube

Décidez d’abord comment raccorder (à glissement, à compression ou à sertir), puis achetez ou louez l’outil, et seulement ensuite la couronne qui va avec. Vérifiez que le diamètre intérieur atteint les 10, 12 ou 13 mm exigés par le DTU 60.11 pour chaque appareil : un multicouche 16 n’a que 12 mm à l’intérieur, ce qui ne suffit pas pour une baignoire, alors qu’un PER 16 en a 13.

Dans Murmur, un chantier de plomberie se chiffre avec sa liste de courses, arrondie aux formats vendus en magasin. Les prix de Murmur couvrent les flexibles, les siphons et les bondes ; les tubes et les raccords PER ou multicouche n’y figurent pas.


Questions fréquentes

  • Le multicouche garde le cintrage donné à la main et se pose en apparent. Le PER, sensible aux ultraviolets, se protège sous gaine ou s’encastre. Choisissez d’abord le raccord : il détermine l’outillage à acheter, et derrière une cloison fermée, une fuite part d’un raccord.
  • Il faut au moins 12 mm de diamètre intérieur, pour un débit de 0,20 l/s, selon le tableau du NF DTU 60.11. L’étiquette du rayon, elle, donne le diamètre extérieur : un multicouche 16 × 2 fait 12 mm dedans, un PER 16 × 1,5 en fait 13.
  • Non. Un raccord à compression se démonte, donc il doit rester accessible. Sous une chape ou derrière une cloison fermée, seuls tiennent les raccords à glissement, pour le PER, et les raccords à sertir, pour le multicouche : l’assemblage y est définitif.
  • Non, mais il dispense de chercher une version spéciale. Son âme en aluminium rend la paroi étanche à l’oxygène, ce qui limite la formation de boues dans le circuit. En PER, il faut prendre la version dotée d’une barrière anti-oxygène, sous peine d’encrasser les émetteurs et la chaudière.
  • Divisez le prix d’achat de la pince par le tarif d’une journée de location : en dessous de ce nombre de jours, louez. Vérifiez d’abord le raccord retenu : le PER à glissement demande une pince à glissement, le multicouche une pince à sertir et ses mâchoires. Les deux outils ne sont pas interchangeables.

Les sources

Les chiffres de cette page ne viennent pas tous d’une source écrite : certains sont des ordres de grandeur de chantier, signalés comme tels là où ils apparaissent. Comment les chiffres de ce site sont établis.

Application Murmur

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Cet article peut servir à quelqu’un qui attaque le même chantier.

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