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TECHNIQUELecture : 8 min
Publié le 28 juillet 2026

Ventilation d’une salle de bain sans fenêtre : quel débit ?

Six mois après la fin des travaux, une auréole grise apparaît dans l’angle du plafond, au-dessus de la douche. Le joint noircit, la peinture cloque, et la pièce sent le renfermé dès qu’on referme la porte.

Dans une pièce aveugle, aucune fenêtre ne rattrape le coup. Tout repose sur l’extraction mécanique, et la ventilation d’une salle de bain sans fenêtre se dimensionne au moment des réseaux, avant que les cloisons se referment. Rouvrir un faux plafond pour une gaine de 80 mm oubliée, c’est deux plaques de plâtre, une bande à refaire et une couche de peinture.

Voici le débit à viser, le matériel qui le tient vraiment, et l’erreur d’amenée d’air qui annule le reste.

Si vous refaites la pièce entière, calez la séquence sur le guide de rénovation d’une salle de bain, qui place la ventilation entre la plomberie et la fermeture des cloisons.


Sans fenêtre, l’extraction mécanique n’est plus une option

L’arrêté du 24 mars 1982 relatif à l’aération des logements pose le principe du balayage : l’air neuf entre par les pièces principales, séjour et chambres, traverse le logement et ressort par les pièces de service. Son article 2 impose une sortie d’air « au moins dans les cuisines, les salles de bains ou de douches et les cabinets d’aisances ». Une fenêtre n’en a jamais dispensé ; son absence rend simplement la faute impardonnable.

Le dégât est mécanique. Une douche de dix minutes libère de l’ordre de 0,5 à 1 litre d’eau en vapeur, qui se condense sur la surface la plus froide, presque toujours l’angle haut contre un mur de façade. Deux douches par jour pendant six mois, et le support est colonisé.

Règle d’or : dans une pièce d’eau sans ouvrant, la ventilation mécanique n’est pas un équipement de confort, c’est ce qui tient le support en place.


Quel débit d’extraction viser dans une salle de bain sans fenêtre ?

Le chiffre ne dépend pas de la surface de la pièce, mais du nombre de pièces principales du logement. C’est contre-intuitif, et c’est écrit à l’article 3 de l’arrêté.

  • Logement de 1 ou 2 pièces principales : 15 m³/h extraits en salle de bains ou de douches.
  • Logement de 3 pièces principales et plus : 30 m³/h.
  • Autre salle d’eau, quel que soit le logement : 15 m³/h.
  • Cabinet d’aisances séparé et unique : 15 m³/h, porté à 30 m³/h à partir de 4 pièces principales.

Le texte parle de débits que l’installation doit « pouvoir atteindre, simultanément ou non » : des pointes, pas une consigne permanente. L’article 4 autorise la réduction, à condition que le logement extraie au moins 35 m³/h en studio, 60 m³/h en deux-pièces et 75 m³/h en trois-pièces.

Ces valeurs paraissent modestes face à un aérateur annoncé à 90 m³/h en rayon, mais un débit constructeur se mesure à l’air libre : trois mètres de gaine souple et deux coudes en avalent une bonne part. Cherchez le débit à 100 Pa sur la fiche, pas le chiffre de l’emballage.


Simple flux, hygroréglable ou extracteur : lequel pour une pièce aveugle ?

Quatre familles circulent sous le sigle de VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée), et la cinquième n’en est pas une.

  • Simple flux autoréglable : débit fixe dans chaque pièce de service, douche ou pas douche. La moins chère, et celle qui extrait de l’air chauffé toute l’année.
  • Hygroréglable de type A : les bouches d’extraction s’ouvrent selon l’humidité de la pièce, les entrées d’air des chambres restent fixes. Le débit monte pendant la douche, puis retombe.
  • Hygroréglable de type B : les entrées d’air modulent aussi. Meilleur rendement, surcoût sur chaque menuiserie à équiper.
  • Double flux : deux réseaux et un échangeur qui récupère la chaleur de l’air extrait. Efficace, mais il réclame un volume de gaines qu’un T2 n’offre presque jamais.
  • Extracteur d’air individuel, ou aérateur : un ventilateur dans la pièce seule, sur une sortie en façade ou en toiture. Ce n’est pas une VMC, et c’est pourtant la seule option quand aucun conduit n’existe.

Pour une salle de bain sans fenêtre en appartement, l’hygroréglable de type A est le bon compromis dans la grande majorité des cas : il tient la pointe pendant la douche sans faire tourner un moteur à plein régime en continu. Le type B se réserve aux chantiers où vous changez déjà les menuiseries.

À ne pas contourner : si l’immeuble a une VMC collective, ne raccordez jamais d’extracteur individuel sur le conduit. L’article 14 de l’arrêté l’interdit, et le ventilateur refoulerait votre air vicié chez le voisin.


L’amenée d’air, la moitié du système que tout le monde oublie

Une extraction sans amenée d’air ne tire rien. C’est ce qui fait échouer une bonne part des installations posées en auto-rénovation : le moteur tourne, la bouche est propre, et une feuille de papier posée dessus tombe au sol.

  1. Les entrées d’air en pièces principales. Une réglette dans la traverse haute de chaque fenêtre de séjour et de chambre. L’article 15 les veut réglables mais non obturables : le bouchon de mousse posé un soir d’hiver dans la chambre coupe l’alimentation de la douche.
  2. Le passage de transit sous les portes. Le NF DTU 68.3 impose une circulation libre entre les pièces. En simple flux, comptez de 10 à 15 mm de jeu sous les portes intérieures, mesurés sur le sol fini, colle et carrelage compris. Si le détalonnage est impossible, une grille de transit d’environ 150 cm² prend le relais.

Ce détalonnage se décide avant de commander les blocs-portes : un vantail trop haut se recoupe en bas, un vantail trop court ne se rattrape pas.

Le conseil Murmur : placez la bouche d’extraction à l’opposé de la porte, jamais juste au-dessus. L’air entre par le bas du vantail et doit traverser la pièce avant d’être aspiré. Une bouche à 30 cm de la porte fait un court-circuit : elle extrait l’air du couloir et laisse la vapeur stagner au-dessus de la douche.


Gaines, caisson et volumes de sécurité : ce qui se joue avant de refermer

  1. Repérez la sortie d’abord. Conduit collectif, sortie en toiture ou grille de façade. C’est ce point fixe qui commande le tracé, pas l’emplacement idéal de la bouche.
  2. Tirez la gaine. L’usage du commerce retient le Ø 80 mm en salle de bain et en WC, le Ø 125 mm en cuisine. Isolée dès qu’elle traverse un volume non chauffé : en combles, une gaine nue se couvre de condensation à l’intérieur, et l’eau redescend goutter par la bouche.
  3. Calez le caisson hors de la pièce d’eau, sur suspentes antivibratiles. Vissé contre une solive, il fait bourdonner tout le logement, et vous ne l’entendrez qu’une fois le plafond fermé.
  4. Alimentez le moteur dans les règles. La NF C 15-100 découpe la pièce en volumes 0, 1 et 2. Aucun appareillage dans les volumes 0 et 1 ; dans le volume 2, qui s’étend sur 60 cm autour de la baignoire ou du receveur, uniquement du matériel de classe II d’indice IPX4 au minimum, sous différentiel 30 mA. La bouche peut donc se trouver en volume 2, le moteur non : il se place hors volumes. Les circuits sont détaillés dans l’article sur le tableau électrique et la norme NF C 15-100.
  5. Refermez ensuite seulement, après essai de l’extraction. L’ossature du faux plafond se calcule comme une cloison : la méthode est dans le guide pour poser du placo soi-même, les quantités sortent du calculateur de rails et de montants.

Côté fournitures, la pièce demande peu : une bouche hygroréglable, 2 à 4 mètres de gaine, deux colliers, un manchon de piquage et une grille de rejet. Comptez, en ordre de grandeur, 60 à 150 € pour un aérateur individuel et 200 à 400 € pour un caisson hygroréglable de type A, hors pose. Ce qui coûte cher n’est jamais le matériel, c’est le plafond qu’on rouvre.

Deux chantiers voisins se calent au même moment : le percement de la cloison de douche, à traiter avec l’étanchéité sous carrelage, et la réserve de plancher si vous montez une douche à l’italienne.


En résumé : le débit se décide avant le placo

Trois chiffres sécurisent la ventilation d’une salle de bain sans fenêtre : 15 ou 30 m³/h d’extraction selon la taille du logement, une gaine de Ø 80 mm vers une sortie repérée d’avance, et 10 à 15 mm de détalonnage sous la porte. Les trois se posent au moment des réseaux, et aucun ne se rattrape après la peinture.

Dans Murmur, la salle de bain se déroule en Mode Chantier : l’étape « tirer la gaine et vérifier l’entrée d’air » se coche avant que la fermeture du faux plafond ne devienne disponible, et la commande des blocs-portes reste en attente tant que la hauteur de détalonnage n’est pas saisie.


Pour aller plus loin

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