« Au moins dans les cuisines, les salles de bains ou de douches et les cabinets d’aisances » : l’article 2 de l’arrêté du 24 mars 1982 impose une sortie d’air dans chaque salle de bain, fenêtre ou pas. Il ne dit pas ce qui arrive sans elle dans une pièce aveugle : une auréole grise dans l’angle du plafond au-dessus de la douche, un joint qui noircit, une peinture qui cloque, et une odeur de renfermé dès que vous refermez la porte.
Dans une pièce sans fenêtre, seule l’extraction mécanique renouvelle l’air. La ventilation d’une salle de bain sans fenêtre se prévoit donc au moment où vous passez les réseaux, avant que les cloisons se referment. Rouvrir un faux plafond pour une gaine oubliée vous coûte deux plaques de plâtre, une bande à refaire et une couche de peinture.
Ce que l’arrêté de 1982 impose dans une pièce sans fenêtre
Si vous refaites toute la pièce, suivez l’ordre des étapes pour refaire sa salle de bain soi-même : le passage des gaines y figure parmi les décisions à prendre avant la première plaque de plâtre.
L’arrêté du 24 mars 1982 relatif à l’aération des logements pose le principe du balayage : l’air neuf entre par les pièces principales, séjour et chambres, traverse le logement et ressort par les pièces de service. Son article 2 impose une sortie d’air dans la salle de bain, qu’elle ait une fenêtre ou non.
Une douche de dix minutes libère de la vapeur d’eau, qui se condense sur la surface la plus froide, bien souvent l’angle haut contre un mur de façade. À deux douches par jour, des moisissures peuvent y apparaître en quelques mois.
Dans une pièce d’eau sans fenêtre à ouvrir, l’extraction mécanique doit tourner en permanence.
Quel débit d’extraction viser dans une salle de bain sans fenêtre ?
L’article 3 de l’arrêté fixe le débit d’après le nombre de pièces principales du logement, quelle que soit la surface de la salle de bain :
- Logement de 1 ou 2 pièces principales : 15 m³/h extraits en salle de bains ou de douches.
- Logement de 3 pièces principales et plus : 30 m³/h.
- Autre salle d’eau, quel que soit le logement : 15 m³/h.
- Cabinet d’aisances séparé et unique : 15 m³/h, porté à 30 m³/h à partir de 4 pièces principales.
Le texte parle de débits que l’installation doit « pouvoir atteindre, simultanément ou non » : ce sont des pointes, qu’il faut atteindre pendant que la pièce sert. L’article 4 autorise à réduire ces débits hors usage, à condition que le logement extraie au moins 35 m³/h en studio, 60 m³/h en deux-pièces et 75 m³/h en trois-pièces.
Ces valeurs paraissent modestes à côté d’un aérateur annoncé à 90 m³/h en rayon, mais le fabricant mesure son débit à l’air libre : avec trois mètres de gaine souple et deux coudes, une bonne part disparaît. Mieux vaut chercher sur la fiche la pression à laquelle le débit est annoncé que de se fier au chiffre de l’emballage.
Simple flux, hygroréglable ou extracteur : lequel pour une pièce aveugle ?
On range plusieurs familles d’appareils sous le sigle VMC (ventilation mécanique contrôlée). L’extracteur individuel n’en fait pas partie, mais il se compare avec elles.
- Simple flux autoréglable : le débit reste le même dans chaque pièce de service, qu’on se douche ou non. C’est la moins chère, mais elle extrait de l’air chauffé toute l’année.
- Hygroréglable de type A : les bouches d’extraction s’ouvrent selon l’humidité de la pièce, les entrées d’air des chambres restent fixes. Le débit monte pendant la douche, puis retombe.
- Hygroréglable de type B : les entrées d’air s’ouvrent et se ferment aussi selon l’humidité. Le rendement est meilleur, et chaque menuiserie à équiper coûte plus cher.
- Double flux : deux réseaux et un échangeur qui récupère la chaleur de l’air extrait. Il récupère la chaleur, à condition d’avoir prévu la place des gaines, ce qu’un T2 offre rarement.
- Extracteur d’air individuel, ou aérateur : un ventilateur dans la pièce seule, sur une sortie en façade ou en toiture. C’est la solution qui reste quand il n’existe aucun conduit.
Pour une salle de bain sans fenêtre en appartement, l’hygroréglable de type A est le bon compromis dans la grande majorité des cas : il monte en débit pendant la douche sans faire tourner un moteur à plein régime en continu. Le type B vaut surtout le coup si vous changez déjà les menuiseries.
Attention, si l’immeuble a une VMC collective, ne raccordez jamais d’extracteur individuel sur le conduit. L’article 14 de l’arrêté l’interdit, et le ventilateur risquerait de refouler votre air vicié chez le voisin.
L’amenée d’air : entrées en pièces principales et détalonnage des portes
Une extraction sans arrivée d’air, ce qu’on appelle l’amenée d’air, ne tire rien. Vous le voyez vite : le moteur tourne, la bouche est propre, et pourtant une feuille de papier tenue contre elle tombe au sol.
- Les entrées d’air en pièces principales. Ce sont les réglettes posées dans la traverse haute de chaque fenêtre de séjour et de chambre. L’article 15 les veut réglables mais non obturables : si vous bouchez celle de la chambre avec de la mousse un soir d’hiver, la douche ne reçoit plus d’air.
- Le passage de transit sous les portes. Le NF DTU 68.3 fixe les règles de calcul et de mise en œuvre : l’air extrait doit venir des autres pièces. En simple flux, laissez sous chaque porte intérieure le passage que demande la notice de la VMC, mesuré sur le sol fini, colle et carrelage compris. Si vous ne pouvez pas recouper le bas de la porte, ce qu’on appelle le détalonnage, une grille de transit fait le même travail.
Mesurez ce détalonnage sur le sol fini avant de commander les blocs-portes : un vantail recoupé trop court ne se rallonge pas.
Le conseil : placez la bouche d’extraction à l’opposé de la porte, pas juste au-dessus. L’air entre par le bas de la porte et doit traverser la pièce avant d’être aspiré. Si la bouche est à 30 cm de la porte, l’air file de l’une à l’autre : elle aspire l’air du couloir et la vapeur reste au-dessus de la douche.
Gaines, caisson et volumes de sécurité avant de refermer le plafond
- Repérez la sortie d’abord, en toiture ou par une grille en façade. Le tracé part de ce point fixe, avant même de choisir où mettre la bouche.
- Tirez la gaine. Aucun diamètre ne vaut pour tous les appareils : relevez celui de la sortie du caisson ou de l’extracteur avant d’acheter la gaine. Isolez-la dès qu’elle traverse un volume non chauffé : en combles, une gaine nue se couvre de condensation à l’intérieur, et l’eau redescend goutter par la bouche.
- Calez le caisson hors de la pièce d’eau, sur suspentes antivibratiles. Vissé directement contre une solive, il fait bourdonner tout le logement, et vous ne l’entendrez qu’une fois le plafond fermé. Comme il vibre en permanence, ne choisissez pas sa cheville au jugé : identifiez d’abord le support, en reconnaissant le type de mur ou de plafond avant de percer. Puis comparez le poids du caisson à ce que tient la fixation, avec le calculateur de cheville et charge.
- Alimentez le moteur dans les règles. La NF C 15-100 découpe la pièce en volumes 0, 1 et 2. Dans les volumes 0 et 1, seulement de la très basse tension de sécurité (TBTS) ; dans le volume 2, du matériel de classe II d’indice IPX4 au minimum, protégé par un différentiel 30 mA, ou de la TBTS. La bouche peut donc se trouver en volume 2. Par prudence, placez le moteur hors de tous les volumes. Les circuits sont détaillés dans l’article sur le tableau électrique et la norme NF C 15-100.
- Ne refermez qu’ensuite, une fois l’extraction essayée. L’ossature du faux plafond a ses propres règles, détaillées dans la pose d’un faux plafond sur fourrures et cavaliers.
Côté fournitures, il faut peu de choses : une bouche hygroréglable, de la gaine, des colliers, un manchon de piquage et une grille de rejet. Pour un aérateur individuel, comptez, en ordre de grandeur, de 20 à 135 € selon les modèles chiffrés par Murmur, hors pose.
Pensez aussi à deux chantiers voisins qui se préparent au même moment : le percement de la cloison de douche, qui va avec l’étanchéité sous carrelage, et la réserve de plancher si vous montez une douche à l’italienne.
En résumé : posez la gaine et détalonnez les portes avant de fermer le plafond
Selon le nombre de pièces principales du logement, visez 15 ou 30 m³/h d’extraction. Tirez la gaine vers une sortie repérée d’avance, et laissez un passage d’air sous la porte. Le tout se pose en même temps que les réseaux, avant la première plaque.
Dans Murmur, la pose de la ventilation est découpée en étapes, et ses fournitures s’ajoutent à la liste de courses de la salle de bain.
Questions fréquentes
- 15 m³/h dans un logement d’une ou deux pièces principales, 30 m³/h à partir de trois, selon l’arrêté du 24 mars 1982. Le débit se calcule sur le nombre de pièces principales du logement, et la surface de la salle de bain n’y change rien. Vérifiez à quelle pression le débit annoncé a été mesuré : un débit mesuré à l’air libre baisse dès que la gaine est raccordée.
- Oui, à condition d’installer une extraction mécanique permanente. L’article 2 de l’arrêté du 24 mars 1982 impose une sortie d’air dans les salles de bains et de douches, avec ou sans ouvrant. Sans fenêtre, seul l’extracteur peut évacuer la vapeur d’une douche de dix minutes.
- Aucun diamètre ne vaut pour tous les appareils : relevez celui de la sortie du caisson ou de l’extracteur avant d’acheter la gaine. Isolez la gaine dès qu’elle traverse un volume non chauffé : en combles, une gaine nue se couvre de condensation à l’intérieur, et l’eau redescend goutter par la bouche.
- Un jeu entre le bas du vantail et le sol fini, colle et carrelage compris, en ventilation simple flux. Sans ce passage de transit, l’air n’entre pas dans la pièce et l’extraction ne tire rien. Quand le détalonnage est impossible, une grille de transit prend le relais.
- Non. L’article 14 de l’arrêté du 24 mars 1982 interdit de raccorder un dispositif mécanique individuel à une installation collective de sortie d’air. Le ventilateur refoulerait votre air vicié chez le voisin. Dans un immeuble équipé, vous pouvez seulement remplacer la bouche par un modèle hygroréglable.
Les sources
- L’arrêté du 24 mars 1982 relatif à l’aération des logements, texte consolidé sur Légifrance.
- Le NF DTU 68.3 P1-1-1, installations de ventilation mécanique, Afnor.
- La norme NF C 15-100, installations électriques basse tension, Afnor.
Les chiffres de cette page ne viennent pas tous d’une source écrite : certains sont des ordres de grandeur de chantier, signalés comme tels là où ils apparaissent. Comment les chiffres de ce site sont établis.
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